La Maison-Blanche a supprimé mardi une publication du compte officiel du vice-président américain JD Vance évoquant les massacres d’Arméniens de 1915 comme un « génocide », indiquant que le message avait été publié par erreur, alors qu’il était en déplacement officiel en Arménie.
Le message, diffusé sur le réseau social X, avait été posté après la visite de Vance au mémorial de Tsitsernakaberd, à Erevan, où il a participé avec son épouse à une cérémonie de dépôt de gerbe. La publication décrivait cette visite comme un hommage aux victimes du « génocide arménien », une qualification historiquement sensible, en particulier pour la Turquie, alliée des États-Unis au sein de l’OTAN.
Un collaborateur du vice-président, cité sous couvert d’anonymat, a expliqué que la publication avait été mise en ligne par des membres de l’équipe restés à Washington et ne faisant pas partie de la délégation en déplacement. Selon son entourage, les déclarations publiques de Vance lors de la visite n’ont pas employé le terme de « génocide ».
La question demeure diplomatiquement délicate. La Turquie reconnaît que de nombreux Arméniens ont été tués lors des affrontements de la Première Guerre mondiale, mais conteste le caractère systématique des massacres et rejette la qualification de génocide. À l’inverse, le Congrès américain et l’ancien président Joe Biden ont officiellement reconnu ces événements comme un génocide, tandis que le président Donald Trump a évité cette terminologie dans ses propres déclarations.
Interrogé par des journalistes, Vance a déclaré avoir souhaité se rendre au mémorial « par respect pour les victimes et pour la culture arménienne », soulignant l’importance du partenariat avec le gouvernement arménien dirigé par le Premier ministre Nikol Pashinyan.
Ce déplacement s’inscrivait dans une tournée régionale visant à promouvoir les accords soutenus par Washington entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, après près de quatre décennies de conflit. À Erevan, Vance a notamment signé un accord ouvrant la voie à une coopération nucléaire civile avec les États-Unis, avant de se rendre à Bakou pour conclure un partenariat stratégique plus large dans les domaines économique et sécuritaire.