Installé au Kremlin depuis le 31 décembre 1999, Vladimir Poutine demeure, plus d’un quart de siècle plus tard, la figure centrale du pouvoir en Russie. Réélu en 2024 pour un nouveau mandat de six ans à l’issue d’un scrutin sans véritable opposition, il peut théoriquement rester en fonction jusqu’en 2036. La question de sa succession reste taboue dans le pays.
Ancien officier du KGB, passé par la mairie de Saint-Pétersbourg dans les années 1990 avant de devenir Premier ministre puis successeur de Boris Eltsine, Vladimir Poutine a progressivement consolidé son autorité. Mise au pas des oligarques, recentralisation du pouvoir, restrictions des libertés publiques et contrôle accru des médias ont marqué ses premières années au Kremlin.
Opposition marginalisée et répression
Plusieurs figures de l’opposition ont payé un lourd tribut au fil des années, parmi lesquelles Boris Nemtsov, assassiné en 2015 à Moscou, ou Alexeï Navalny, mort en détention en février 2024. Des organisations critiques du pouvoir, comme l’ONG Memorial, ont été dissoutes. Le Kremlin rejette toute accusation de dérive autoritaire et présente ces mesures comme nécessaires à la stabilité du pays.
Sur le plan extérieur, la guerre en Géorgie en 2008, l’annexion de la Crimée en 2014 puis l’offensive de grande ampleur lancée en Ukraine en 2022 ont profondément redéfini la place de la Russie sur la scène internationale. Ce conflit, entré dans sa cinquième année, pourrait constituer l’élément déterminant du bilan présidentiel de Vladimir Poutine, selon plusieurs analystes.
En dépit des sanctions occidentales et d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, le président russe affirme vouloir défendre la souveraineté de son pays face à ce qu’il décrit comme l’hégémonie occidentale. À l’intérieur, son pouvoir reste solidement établi, porté par un appareil d’État étroitement contrôlé et un discours axé sur la stabilité et les valeurs nationales.