Le plus haut gradé de l’armée allemande a déclaré être profondément choqué par un scandale impliquant des allégations d’abus sexuels, d’extrémisme de droite et de consommation de drogue au sein d’une unité d’élite de parachutistes de la Bundeswehr, promettant un renforcement du leadership et de la discipline au sein des forces armées.
Le général Carsten Breuer, inspecteur général de la Bundeswehr, a affirmé que l’armée ne tolérerait « ni la violence sexuelle, ni l’extrémisme, ni la toxicomanie, ni la discrimination ». Il a ajouté que les faits rapportés l’avaient « profondément bouleversé » et que les soldats fermant les yeux sur de tels comportements ne pouvaient pas exercer des fonctions d’encadrement.
L’affaire concerne le 26e régiment de parachutistes, une unité ayant notamment participé à l’évacuation de ressortissants allemands et étrangers du Soudan. Des soldates ont signalé de multiples abus présumés au commissaire parlementaire aux forces armées, déclenchant une enquête et la remise d’un rapport à la commission parlementaire de la défense.
Ce scandale survient alors que l’Allemagne cherche à accroître ses effectifs militaires, notamment par l’enregistrement de tous les jeunes de 18 ans, dans un contexte de pression accrue des alliés de l’OTAN pour que les pays européens assument une part plus importante de la défense du continent.
L’opposition écologiste a accusé le ministre de la Défense Boris Pistorius de vouloir se défausser de sa responsabilité, estimant que ces dérives auraient pris racine sous des gouvernements précédents. Selon elle, l’affaire constitue un risque sérieux pour la crédibilité de la Bundeswehr et pour les efforts de recrutement.
De son côté, l’armée a indiqué que des mesures disciplinaires avaient déjà été prises, incluant le renvoi de plusieurs soldats, et que seize dossiers avaient été transmis au parquet civil. Des responsables militaires ont reconnu que certaines enquêtes initiales n’avaient peut-être pas été menées avec la rigueur nécessaire.
Les autorités militaires assurent désormais vouloir tirer les leçons de cette affaire afin de restaurer la confiance au sein des rangs et auprès de l’opinion publique, alors que la Bundeswehr traverse une phase de transformation stratégique et organisationnelle majeure.