Ukraine–Russie : la trêve énergétique déjà en lambeaux
Ukraine–Russie : la trêve énergétique déjà en lambeaux

Le cessez-le-feu partiel conclu sous l’égide des États-Unis n’aura pas résisté à une nouvelle salve d’accusations. Ce mardi 1er avril, Kiev et Moscou se renvoient la responsabilité d’attaques ciblant des infrastructures énergétiques, relançant la guerre de l’électricité en plein cœur d’une trêve théoriquement en vigueur.

Frappe sur Kherson, riposte par drones

Côté russe, le ministère de la Défense affirme que l’Ukraine a lancé une série d’attaques par drones contre des stations électriques dans l’oblast de Zaporijia — en partie occupé par les forces de Moscou — ainsi que dans celui de Belgorod, sur le territoire russe. Résultat : de nombreux foyers plongés dans le noir. La réplique ukrainienne ne s’est pas fait attendre. Selon Andrii Sybiha, chef de la diplomatie ukrainienne, une frappe russe a visé ce matin un site énergétique à Kherson, privant instantanément 45 000 habitants d’électricité. L’officiel dénonce une violation claire des engagements pris avec les États-Unis lors des pourparlers de Riyad, qui incluaient l’interdiction formelle de frapper des infrastructures énergétiques.

L’accord américain déjà en miettes

À peine signé, déjà ignoré. L’accord distinct passé par Washington avec Kiev et Moscou prévoyait un gel des hostilités en mer Noire et un moratoire sur les frappes énergétiques. Mais sur le terrain, les faits s’empilent plus vite que les promesses : drones d’un côté, missiles de l’autre, et au final, des civils privés d’électricité dans les deux camps. L’accusation mutuelle devient un rituel désormais bien rodé entre les deux belligérants. Sauf que cette fois, la rupture survient dans un contexte où les États-Unis tentent de réimposer un semblant de stabilité. La lumière peine à revenir, au propre comme au figuré.

Partager