Le journaliste tunisien Zied Heni a été arrêté après avoir publié un article critiquant le pouvoir judiciaire, selon son avocat, dans une affaire qui suscite de vives inquiétudes sur la liberté d’expression dans le pays.
L’arrestation a été ordonnée par le procureur, a indiqué son avocate, sans que les autorités ne précisent immédiatement les charges retenues. Le parquet n’a pas réagi dans l’immédiat.
Le syndicat des journalistes tunisiens a dénoncé une détention « arbitraire », estimant qu’elle s’inscrit dans une série de mesures visant à faire pression sur les voix critiques. Son président, Zied Dabbar, a évoqué une tentative d’intimidation à l’encontre de la profession.
Plusieurs organisations de défense des droits humains alertent sur un recul des libertés depuis que le président Kais Saied a dissous le Parlement en 2021 et renforcé ses pouvoirs en gouvernant par décret.
En 2022, le chef de l’État a également dissous le Conseil supérieur de la magistrature et limogé des dizaines de juges, une décision vivement critiquée par l’opposition, qui y voit une atteinte à l’indépendance de la justice.
De son côté, Kais Saied rejette ces accusations et affirme mener une lutte contre la corruption, assurant que les institutions judiciaires fonctionnent désormais de manière indépendante.
L’arrestation de Zied Heni ravive ainsi les préoccupations sur l’état des libertés publiques en Tunisie, où les tensions entre pouvoir exécutif, justice et médias continuent de s’intensifier.
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