Le président américain Donald Trump a affirmé que l’obstacle principal à un accord de paix en Ukraine venait de Kyiv et non de Moscou, estimant que le président russe Vladimir Poutine serait prêt à mettre fin à la guerre, tandis que son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky se montrerait plus réservé.
S’exprimant lors d’un entretien accordé à Reuters dans le Bureau ovale, Trump a déclaré qu’il pensait que Poutine était disposé à conclure un accord pour mettre un terme à l’invasion russe de l’Ukraine, qui dure depuis près de quatre ans. Selon lui, l’Ukraine serait aujourd’hui le maillon le moins enclin à avancer dans les négociations. Interrogé sur la raison pour laquelle les discussions menées sous l’égide des États-Unis n’avaient pas encore abouti, Trump a répondu sans détour : « Zelensky. »
Ces propos marquent un contraste net avec la position de nombreux alliés européens de Washington, qui estiment que Moscou n’a montré jusqu’à présent que peu de volonté réelle de mettre fin au conflit. Ils reflètent aussi la relation historiquement fluctuante entre Trump et Zelensky, faite de tensions récurrentes malgré une amélioration relative de leurs échanges au cours de la première année du mandat actuel du président américain.
À plusieurs reprises, Trump s’est montré plus enclin à accepter les assurances de Poutine que celles avancées par Kyiv ou par certains partenaires occidentaux des États-Unis. Cette approche a suscité des inquiétudes en Ukraine et dans plusieurs capitales européennes, ainsi qu’au sein même du camp républicain au Congrès. En décembre, des responsables du renseignement américain avaient encore averti que Poutine n’avait pas renoncé à ses ambitions territoriales plus larges en Ukraine et au-delà.
Ces dernières semaines, les négociations pilotées par Washington se sont concentrées sur les garanties de sécurité à offrir à l’Ukraine après-guerre afin d’éviter une nouvelle offensive russe. Dans ce cadre, des responsables américains ont plaidé pour que Kyiv renonce à certaines parties de l’est du pays, notamment dans le Donbass, une perspective que les autorités ukrainiennes rejettent fermement.
Zelensky a réaffirmé publiquement qu’aucune concession territoriale n’était possible, rappelant que la Constitution ukrainienne interdit toute cession de territoire. Trump, de son côté, n’a pas détaillé les raisons précises pour lesquelles il juge le président ukrainien réticent, se contentant d’affirmer qu’il « a du mal à y arriver ».
Le président américain a également indiqué qu’il pourrait rencontrer Zelensky lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, la semaine prochaine, si les deux dirigeants s’y trouvent en même temps. Aucune rencontre n’était toutefois confirmée à ce stade, illustrant l’incertitude persistante qui entoure les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit.