Taïwan a indiqué lundi suivre de très près ce qu’elle qualifie de changements « anormaux » au sommet de la direction militaire chinoise, après l’ouverture d’une enquête visant de hauts responsables de l’armée à Pékin, a déclaré le ministre taïwanais de la Défense Wellington Koo.
Samedi, la Commission militaire centrale a annoncé que Zhang Youxia, vice-président de l’organe militaire suprême et proche allié du président Xi Jinping, ainsi qu’un autre officier supérieur, Liu Zhenli, faisaient l’objet d’enquêtes pour de présumées violations graves de la discipline et de la loi.
« Nous continuerons de surveiller de près les changements anormaux intervenus au sein des plus hautes instances du parti, du gouvernement et de l’armée chinoise », a déclaré Wellington Koo devant le Parlement à Taipei. Il a rappelé que l’armée chinoise n’avait « jamais renoncé à l’usage de la force contre Taïwan ».
Zhang Youxia est considéré depuis longtemps comme l’allié militaire le plus proche de Xi Jinping et figure parmi les rares officiers supérieurs chinois à avoir une expérience du combat, acquise notamment lors du conflit frontalier avec le Vietnam en 1979.
La Chine considère Taïwan, gouvernée démocratiquement, comme faisant partie de son territoire. Pékin envoie presque quotidiennement des avions et des navires militaires autour de l’île, ce que Taipei décrit comme une campagne de pression destinée à contraindre son gouvernement à accepter les revendications de souveraineté chinoises.
Selon Wellington Koo, ces évolutions ne peuvent être interprétées comme un simple remaniement interne. Les autorités taïwanaises entendent recourir à un large éventail de moyens conjoints de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, ainsi qu’au partage d’informations avec des partenaires, afin d’« analyser » les intentions potentielles de Pékin.
« Notre objectif est d’obtenir une compréhension globale de tous les indicateurs militaires et non militaires reflétant les intentions et les actions de la Chine, afin de procéder à une évaluation intégrée », a-t-il ajouté.
Pékin n’a jamais exclu le recours à la force pour placer Taïwan sous son contrôle et a mené ses derniers exercices militaires autour de l’île à la fin du mois dernier. Le gouvernement taïwanais rappelle de son côté que seul le peuple de l’île peut décider de son avenir.