L’armée soudanaise a posé une condition essentielle à son soutien à la proposition américaine destinée à mettre fin à la guerre civile qui déchire le Soudan depuis trois ans. Selon des documents consultés par Reuters et confirmés par de hauts responsables soudanais, Khartoum exige le retrait complet des Forces de soutien rapide (RSF) de toutes les villes qu’elles occupent avant d’accepter un accord global.
Le plan présenté par les États-Unis le mois dernier prévoit une trêve humanitaire immédiate de 90 jours afin de permettre l’ouverture de négociations en vue d’un cessez-le-feu permanent. Le texte envisage également une transition politique devant conduire à des élections organisées sous l’autorité d’un gouvernement civil.
La proposition américaine prévoit par ailleurs la création d’un mécanisme dirigé par les Nations unies pour superviser un retrait limité des RSF. Les premiers redéploiements concerneraient le Darfour-Nord, où les paramilitaires ont récemment pris le contrôle de la ville d’Al-Fashir après une offensive meurtrière, ainsi que le Kordofan-Nord, actuellement visé par des frappes de drones des RSF.
D’après les documents consultés par Reuters, le gouvernement soudanais dirigé par l’armée approuve l’essentiel de cette proposition, mais rejette fermement le principe de retraits partiels. Les autorités exigent que le texte mentionne explicitement « le retrait des RSF de toutes les villes qu’elles occupent depuis le 11 mai 2023 », estimant qu’un retrait limité ne permettrait pas de garantir une paix durable.
Cette position de l’armée constitue depuis longtemps l’un des principaux obstacles aux tentatives de médiation. Les précédents efforts diplomatiques se sont déjà heurtés à ce désaccord fondamental entre les deux camps, les autorités soudanaises refusant toute solution qui laisserait les Forces de soutien rapide conserver le contrôle de certaines zones urbaines.
Au moment de la publication de ces informations, le département d’État américain n’avait pas répondu aux sollicitations de Reuters concernant les exigences formulées par l’armée soudanaise. Les négociations restent donc confrontées à un point de blocage majeur, alors que le conflit continue de provoquer une grave crise humanitaire à travers le pays.
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