La Cour suprême espagnole a condamné lundi l’ancien ministre des Transports José Luis Ábalos à 24 ans de prison pour corruption. Cette décision constitue le premier jugement majeur dans une série d’affaires qui ébranlent le Parti socialiste au pouvoir.
Les magistrats ont reconnu José Luis Ábalos coupable de plusieurs infractions, notamment d’organisation criminelle, de corruption, de détournement de fonds publics et de trafic d’influence. L’affaire porte sur la manipulation présumée de contrats publics liés à la fourniture de matériel médical, notamment des masques de protection, durant la pandémie de COVID-19 alors qu’il occupait ses fonctions ministérielles.
Son ancien collaborateur, Koldo Garcia, a également été condamné à une lourde peine de 19 ans de prison. Les enquêteurs estiment qu’il a joué un rôle important dans le système de corruption mis en place autour de l’attribution de marchés publics.
L’homme d’affaires Victor de Aldama a pour sa part écopé d’une peine de quatre ans et demi de prison. Toutefois, le tribunal a décidé de suspendre cette condamnation en raison de sa coopération avec la justice dans la mise au jour du réseau. Cette suspension est assortie de plusieurs conditions, dont l’obligation de ne pas récidiver, de remettre régulièrement des rapports d’activité et d’effectuer une année de travaux d’intérêt général.
Cette affaire est l’une des nombreuses enquêtes visant l’entourage du Premier ministre Pedro Sánchez. Arrivé au pouvoir en 2018 après avoir renversé un gouvernement de centre-droit affaibli par des scandales de corruption, Pedro Sánchez avait fait de la moralisation de la vie publique l’un des axes majeurs de son action politique.
Le verdict représente un nouveau défi pour le gouvernement espagnol, déjà confronté à plusieurs controverses impliquant des personnalités proches du pouvoir. L’affaire pourrait accroître la pression politique sur l’exécutif et alimenter les critiques de l’opposition à l’approche des prochaines échéances électorales.
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