Le nouveau président malgache, le colonel Michaël Randrianirina, est arrivé mercredi 18 février à Moscou, où il doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine ce jeudi 19 février. Depuis la prise de pouvoir des militaires en octobre dernier, la Grande Île semble avoir engagé un rapprochement marqué avec le Kremlin.
À sa descente d’un avion affrété par la Russie, sous l’œil des caméras locales, le chef de l’État a expliqué avoir « accepté l’invitation » de Moscou avant son départ d’Antananarivo. Se présentant comme le « président de la refondation », il a assuré qu’il ne s’agissait pas de choisir des partenaires « en fonction des pays », mais de coopérer avec tout État susceptible d’apporter des bénéfices au peuple malgache. Il a également affirmé son attachement au « multilatéralisme », après avoir déjà effectué en janvier des déplacements aux Émirats arabes unis et en Afrique du Sud.
Le rapprochement entre Antananarivo et Moscou s’est concrétisé en janvier par l’arrivée d’instructeurs militaires russes chargés de former les forces malgaches au maniement d’armes livrées en décembre. Parmi ces équipements figureraient notamment des drones kamikazes. À l’occasion de cette livraison, le chef adjoint du renseignement militaire russe, Andreï Averianov, s’était rendu sur l’île, selon le président de l’Assemblée nationale malgache cité par l’AFP. Andreï Averianov est présenté comme le superviseur présumé de l’Africa Corps, structure paramilitaire ayant succédé au groupe Wagner.
Mercredi, l’ambassade de Russie à Antananarivo a par ailleurs annoncé la livraison d’un hélicoptère et de camions destinés à soutenir les opérations de secours après le passage du cyclone Gezani, qui a fait au moins 59 morts la semaine dernière à Madagascar.
Le président malgache doit également se rendre prochainement en France, où une rencontre avec Emmanuel Macron est envisagée, selon Africa Intelligence. En octobre, Paris avait adopté une position pragmatique en envoyant son ambassadeur à la cérémonie d’investiture du colonel Randrianirina, quelques jours après la fuite de l’ex-président Andry Rajoelina, aidé par la France, et sa destitution par l’Assemblée à la suite de manifestations dénonçant sa proximité supposée avec Paris.