L’Union européenne traverse un « moment profondément européen » et ses États membres ne doivent pas se retrancher derrière leurs seuls intérêts nationaux, a déclaré lundi le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil, appelant à accélérer les réformes pour renforcer la souveraineté du bloc.
S’exprimant avant une réunion des ministres des Finances à Bruxelles, Klingbeil a affirmé que l’Allemagne était prête à faire des compromis afin de débloquer des dossiers stratégiques. Selon lui, « le rythme actuel au niveau européen n’est pas à la hauteur des défis » auxquels l’UE est confrontée, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la guerre en Ukraine et les incertitudes économiques mondiales.
Le ministre allemand a mis en avant le format dit « EU6 », réunissant six grandes économies du bloc — Pologne, Espagne, Italie, France, Allemagne et Pays-Bas — qui cherchent à accélérer la prise de décision face aux blocages institutionnels. Ce cadre vise notamment à faire progresser des projets liés au rôle international de l’euro, à la coordination budgétaire et au financement de la défense.
Pour Berlin, le renforcement de la souveraineté européenne passe par une capacité accrue d’investissement commun et par une meilleure efficacité des mécanismes décisionnels. L’objectif affiché est de permettre à l’UE de peser davantage sur la scène internationale, tant sur le plan économique que stratégique.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs États membres restent attachés à la défense de leurs prérogatives nationales, notamment en matière budgétaire. Le débat sur l’équilibre entre intégration européenne et souveraineté nationale demeure ainsi au cœur des discussions au sein du bloc.