Le Royaume-Uni souhaite renforcer ses liens de défense avec l’Union européenne et envisage de candidater à un nouveau fonds européen de plusieurs milliards d’euros dédié aux projets militaires. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a indiqué que son gouvernement examinerait la possibilité de rejoindre une seconde version du programme européen SAFE, alors que des discussions avec des responsables de l’UE sont prévues cette semaine.
La Commission européenne réfléchit au lancement d’une nouvelle édition de ce mécanisme de prêts, dans un contexte de préoccupations croissantes liées à la Russie et de doutes sur la solidité des engagements sécuritaires des États-Unis envers l’Europe sous la présidence de Donald Trump. SAFE permet à l’UE d’emprunter conjointement sur les marchés financiers afin de prêter ensuite ces fonds aux États membres pour des projets de défense.
Un premier projet britannique visant à rejoindre le fonds SAFE initial, doté de 150 milliards d’euros, avait échoué en novembre. Le gouvernement Starmer avait alors refusé de verser une contribution financière pour y participer, ce qui avait été perçu comme un revers pour la tentative de réinitialisation des relations entre Londres et Bruxelles après le Brexit.
Interrogé sur l’éventualité d’une candidature à une nouvelle version du programme, Keir Starmer a estimé que l’Europe devait faire davantage pour se réarmer. Il a déclaré qu’il était logique d’examiner des dispositifs comme SAFE, ou d’autres initiatives, afin de renforcer la coopération entre l’UE et les autres pays européens en matière de défense.
Des responsables européens, dont le commissaire au commerce Maros Sefcovic, sont attendus à Londres pour des échanges à haut niveau. Depuis son arrivée au pouvoir, Starmer cherche à apaiser les relations avec l’Union européenne et à réduire certaines barrières commerciales post-Brexit, rompant avec les rapports souvent conflictuels entretenus par les précédents gouvernements conservateurs.
Le Premier ministre britannique s’est également imposé comme l’un des acteurs clés de la coordination du soutien européen à l’Ukraine. Cette posture renforce son argument selon lequel une coopération plus étroite en matière de défense est nécessaire face aux défis sécuritaires actuels.
Réagissant aux critiques de Nigel Farage, qui accuse le gouvernement travailliste de se rapprocher excessivement de l’UE, Keir Starmer a minimisé ses propos. Il a estimé que le dirigeant de Reform UK avait à plusieurs reprises induit le public en erreur et a affirmé que le renforcement des liens avec l’Europe relevait du pragmatisme stratégique plutôt que d’un reniement du Brexit.