Le gouvernement allemand envisage de revoir à la baisse les prestations sociales accordées aux réfugiés ukrainiens arrivant sur son territoire, selon un projet de loi consulté mercredi par Reuters. Cette mesure, qui pourrait entraîner une réduction de l’aide mensuelle d’environ 100 euros par personne, viserait uniquement les Ukrainiens arrivant à partir du 1er avril 2025.
Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, les réfugiés ukrainiens bénéficient en Allemagne du régime de protection temporaire mis en place par l’Union européenne. Ce statut leur permettait jusqu’à présent d’accéder directement à l’allocation citoyenne (Bürgergeld), le principal filet de sécurité sociale du pays, sans devoir passer par la longue procédure de demande d’asile.
Le projet de loi prévoit désormais que les nouveaux arrivants ne pourront plus prétendre à cette allocation mais seront soumis au régime prévu par la loi sur les prestations des demandeurs d’asile, nettement moins généreux. Cette modification ne s’appliquerait pas aux Ukrainiens déjà installés en Allemagne, qui conserveraient leurs droits actuels.
D’après les estimations, la différence entre les deux régimes pourrait représenter une perte de 100 euros par mois et par personne, une baisse significative dans un contexte où les réfugiés font déjà face à des difficultés d’intégration, de logement et d’accès à l’emploi.
Cette mesure intervient alors que l’Allemagne accueille actuellement environ 1,25 million de réfugiés ukrainiens, ce qui fait d’elle l’un des principaux pays d’accueil en Europe. Le gouvernement de coalition dirigé par Olaf Scholz, sous pression budgétaire et politique, cherche à répondre à une opinion publique de plus en plus préoccupée par le coût de la politique migratoire.
Si cette réforme vise officiellement à mieux maîtriser les dépenses sociales et à harmoniser les dispositifs d’accueil, elle pourrait aussi marquer un tournant dans la politique allemande à l’égard des réfugiés ukrainiens, longtemps considérés comme des déplacés « privilégiés » par rapport aux autres demandeurs d’asile.
Les ONG de défense des droits des réfugiés s’alarment déjà de ce possible recul et craignent qu’il n’aggrave la précarité des nouveaux arrivants tout en créant une distinction problématique entre anciens et nouveaux réfugiés. Le débat politique s’annonce houleux alors que l’Allemagne se prépare à une rentrée parlementaire placée sous le signe des arbitrages sociaux et de la rigueur budgétaire.