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La marine estonienne tente d’intercepter un pétrolier russe de la « flotte fantôme » en mer Baltique

La marine estonienne tente d’intercepter un pétrolier russe de la « flotte fantôme » en mer Baltique
La marine estonienne tente d’intercepter un pétrolier russe de la « flotte fantôme » en mer Baltique

RIGA – La marine estonienne a tenté mardi d’intercepter un pétrolier sous sanctions britanniques, soupçonné de faire partie de la « flotte fantôme » russe, mais a renoncé à l’arraisonner face à son refus de coopérer, a déclaré le commandant Ivo Vark à Reuters. Escorté jusqu’aux eaux russes, le navire, baptisé Jaguar, se trouvait près de l’île de Naissaar, au large de Tallinn, lorsqu’il a été repéré.

L’Estonie a justifié son intervention en affirmant que le Jaguar naviguait sans nationalité, ce qui, selon le droit maritime international, oblige l’État côtier à vérifier les documents du navire. Le pétrolier avait été ajouté à la liste des sanctions du Royaume-Uni quelques jours auparavant, soupçonné d’être utilisé par Moscou pour contourner les restrictions sur le transport de pétrole. Ces navires, souvent non assurés et non enregistrés auprès des autorités conventionnelles, sont désignés collectivement comme la « flotte fantôme » russe par les pays occidentaux.

Selon le commandant Vark, « le navire a refusé de coopérer et a poursuivi sa route vers la Russie », ce qui a conduit la patrouille estonienne à l’escorte jusqu’à la limite des eaux territoriales russes. Il a estimé que l’usage de la force ou une tentative d’arraisonnement était injustifiée dans ce contexte.

Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre un hélicoptère, un patrouilleur naval et un avion de surveillance s’approchant d’un pétrolier. Une voix ordonne au navire de modifier son cap, tandis qu’une autre, en russe, évoque la présence d’hélicoptères demandant un mouillage. Reuters n’a pas pu authentifier la vidéo de manière indépendante, mais le numéro d’identification visible sur le navire correspond à celui du Jaguar.

Le pétrolier est actuellement ancré près du port de Primorsk, en Russie, et affiche un pavillon gabonais. Un avion militaire identifié comme un Su-35 russe aurait également été repéré à proximité pendant l’incident, bien que cette information ne soit pas confirmée par les autorités estoniennes. Ce même jour, Tallinn a dénoncé une violation de son espace aérien par un appareil militaire russe, sans lien confirmé avec l’affaire du Jaguar.

Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a appelé à des sanctions renforcées contre Moscou, déclarant sur X (ex-Twitter) que « la Russie s’est clairement liée à la flotte fantôme ». Un précédent incident similaire s’était produit le 11 avril, lorsque l’Estonie avait arrêté un autre pétrolier, Kiwala, qui avait alors coopéré avant d’être relâché deux semaines plus tard.

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