Les manifestations antigouvernementales en Iran semblent s’être largement calmées ces derniers jours après une répression d’une rare violence, selon des habitants et des organisations de défense des droits humains, tandis que les médias d’État ont fait état de nouvelles arrestations. L’apaisement intervient alors que les menaces d’intervention des États-Unis se sont atténuées depuis que le président Donald Trump a indiqué que les massacres semblaient diminuer.
Des résidents de Téhéran ont déclaré que la capitale était restée calme depuis le week-end, malgré une présence sécuritaire renforcée, des drones survolant la ville et des patrouilles visibles. L’organisation irano-kurde Hengaw, basée en Norvège, a affirmé qu’aucun rassemblement n’avait été observé depuis dimanche, tout en soulignant que « le contexte sécuritaire demeure extrêmement restrictif » dans les zones touchées par les troubles.
Des violences isolées continuent toutefois d’être signalées. Une habitante de Téhéran a indiqué à Reuters que sa fille de 15 ans avait été tuée après avoir participé à une manifestation de quartier, accusant des membres du Basij de l’avoir prise pour cible. Hengaw a également rapporté la mort d’une infirmière à Karaj, information que Reuters n’a pas pu vérifier de manière indépendante. Les autorités iraniennes n’ont pas confirmé ces cas.
Selon l’organisation américaine HRANA, le bilan des morts s’élève à 2 677 personnes, dont une large majorité de manifestants, un chiffre qui dépasse de loin ceux des précédentes vagues de protestation en Iran. Les autorités iraniennes ont avancé un bilan inférieur et imputent les violences à des « émeutiers » manipulés par des puissances étrangères.
Les manifestations, déclenchées fin décembre par l’inflation et les difficultés économiques liées aux sanctions, se sont rapidement transformées en l’un des défis les plus sérieux pour l’establishment clérical depuis la révolution de 1979. Les autorités ont procédé à des milliers d’arrestations, tandis que des images vérifiées par Reuters montrent des dizaines de corps dans un centre médico-légal de la capitale.
Sur le plan diplomatique, le président russe Vladimir Poutine a indiqué avoir évoqué la situation lors d’appels distincts avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président iranien Massoud Pezeshkian, se disant prêt à jouer un rôle de médiation. De leur côté, Washington et ses alliés régionaux ont poursuivi leurs échanges afin d’éviter une escalade militaire, tout en affirmant que « toutes les options » restaient sur la table en cas de nouvelles violences.