La Cour suprême espagnole a ordonné mercredi la libération provisoire de Santos Cerdan, ancien haut responsable du Parti socialiste au pouvoir, estimant que le risque de destruction de preuves dans l’affaire de corruption qui le vise avait désormais « considérablement diminué ». Placé en détention provisoire depuis juin, Cerdan fait face à de potentielles accusations d’appartenance à une organisation criminelle, corruption et trafic d’influence dans le cadre d’un système présumé de pots-de-vin liés à l’attribution de marchés publics.
À sa sortie de la prison de Soto del Real, près de Madrid, l’ex-député socialiste a affirmé espérer que « la vérité triompherait » et que la justice finirait par l’innocenter. Il nie l’ensemble des accusations. Ce scandale, le plus grave touchant le gouvernement minoritaire dirigé par Pedro Sanchez, a contraint le Premier ministre à présenter des excuses en juin, tout en résistant aux pressions de l’opposition réclamant des élections anticipées.
L’affaire Cerdan n’est pas isolée. Le même jour, les procureurs anticorruption ont requis 24 ans de prison contre José Luis Abalos, ancien ministre des Transports et prédécesseur de Cerdan au poste de secrétaire à l’organisation du Parti socialiste. Abalos est accusé d’avoir truqué des contrats publics portant sur des fournitures médicales — notamment des masques — pendant la pandémie de COVID-19, en collaboration avec un associé et un homme d’affaires. Lui aussi nie toute malversation.
Dans une décision consultée par Reuters, le juge Leopoldo Puente a estimé que les enquêteurs disposent désormais d’informations sensibles qui auraient été « très difficilement accessibles » si Cerdan avait été maintenu en liberté, justifiant ainsi la fin de sa détention provisoire. L’ancien responsable devra toutefois remettre son passeport, se présenter devant la Cour suprême tous les quinze jours et rester sur le territoire espagnol.
Le tribunal a par ailleurs conclu qu’il n’existait pas de risque de récidive, Cerdan n’occupant plus de fonction publique ni de poste au sein du parti. Cette affaire, qui continue d’ébranler la majorité de gauche au pouvoir, devrait rester au cœur du débat politique à l’approche des échéances électorales.