Détroit d'Ormuz : des compagnies maritimes refusent l'escorte américaine après les attaques iraniennes
Détroit d'Ormuz : des compagnies maritimes refusent l'escorte américaine après les attaques iraniennes

Plusieurs compagnies maritimes renoncent à emprunter le dispositif de transit escorté par l’armée américaine dans le détroit d’Ormuz, à la suite d’une série d’attaques attribuées à l’Iran contre des navires marchands. Selon sept sources du secteur maritime et de la sécurité interrogées par Reuters, les inquiétudes concernant la protection des équipages poussent certains armateurs à éviter cette route stratégique.

Depuis le début de la guerre avec l’Iran, les forces iraniennes ont miné le système traditionnel de navigation du détroit, obligeant les navires à emprunter des itinéraires improvisés le long des côtes iraniennes ou omanaises. En juin, les États-Unis avaient mis en place un dispositif d’escorte utilisant des drones, des hélicoptères et des moyens navals afin de sécuriser le passage des pétroliers et de préserver les exportations d’énergie du Golfe.

Selon un responsable américain de la Défense, plus d’une centaine de navires ont coordonné leur transit avec l’armée américaine la semaine dernière. Toutefois, les compagnies maritimes estiment que la route longeant les côtes omanaises est devenue particulièrement dangereuse après plusieurs attaques récentes.

Depuis le 7 juillet, cinq navires – trois superpétroliers, un méthanier et un porte-conteneurs – ont été attaqués dans les eaux omanaises, selon une analyse fondée sur les données de l’Organisation maritime internationale. Les Gardiens de la révolution iraniens ont notamment revendiqué mardi les attaques contre deux superpétroliers émiratis.

« Les États-Unis ne semblent pas maîtriser la situation », a confié une source du secteur maritime, expliquant que son entreprise avait décidé de suspendre ses traversées en raison des risques encourus par les équipages. Pour Torbjørn Soltvedt, analyste chez Verisk Maplecroft, la capacité persistante de l’Iran à frapper des navires sur cette route montre que la stratégie américaine visant à sécuriser le trafic maritime pourrait ne pas suffire à garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz.

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