En marge du Forum économique mondial de Davos, le président du Somaliland a cherché cette semaine à renforcer la visibilité internationale de son territoire en mettant en avant des opportunités d’investissement auprès de figures influentes du monde des affaires. Selon un proche du dossier, l’une de ses rencontres clés a eu lieu avec Eric Trump, fils du président américain et dirigeant au sein de la Trump Organization.
Mercredi, tandis que Donald Trump s’exprimait devant les chefs d’entreprise réunis à Davos, le président du Somaliland, Abdirahman Mohamed Abdullahi, rencontrait Eric Trump dans une salle de conférence d’un hôtel voisin. La réunion s’est tenue à huis clos et visait à présenter le potentiel économique de cette région d’Afrique de l’Est, qui cherche depuis des décennies une reconnaissance internationale.
Selon deux personnes présentes, les discussions ont notamment porté sur le port en eau profonde de Berbera, un site stratégique situé sur l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde. Cet atout logistique est considéré par les autorités locales comme un levier majeur pour attirer des investissements étrangers et s’imposer comme un hub régional du commerce.
Le président israélien Isaac Herzog participait également à cette rencontre. Israël a reconnu le Somaliland le mois dernier, devenant ainsi le premier État membre des Nations unies à franchir ce pas, un geste salué par les dirigeants de ce territoire autonome mais contesté sur le plan diplomatique.
« La réunion s’est bien passée, elle s’est très bien passée », a déclaré Abdirahman Mohamed Abdullahi à Reuters, confirmant l’entretien avec Eric Trump et Isaac Herzog. Une porte-parole d’Eric Trump n’a pas répondu aux sollicitations pour commenter cette rencontre, et la Maison Blanche est également restée silencieuse.
Cette initiative intervient alors que la Trump Organization a récemment assoupli ses règles internes. Lors du premier mandat de Donald Trump, la famille s’était engagée à ne pas développer de nouvelles activités commerciales à l’étranger. Mais des règles révisées, publiées peu avant la seconde investiture présidentielle, ont levé cette restriction, ouvrant la voie à de nouveaux projets internationaux.
Le Somaliland bénéficie d’une stabilité relative depuis 1991, année où la Somalie a sombré dans la guerre civile, mais il peine toujours à obtenir une reconnaissance officielle sur la scène internationale. En multipliant les contacts à Davos, ses dirigeants espèrent transformer cette visibilité économique en avancées diplomatiques durables.