Exfiltration en France d'Ekaterina Barabach, journaliste russe persécutée pour ses critiques de la guerre en Ukraine
Exfiltration en France d’Ekaterina Barabach, journaliste russe persécutée pour ses critiques de la guerre en Ukraine

Ekaterina Barabach, journaliste et critique de cinéma russe de 64 ans, a été exfiltrée en France par Reporters sans frontières (RSF), alors qu’elle risquait jusqu’à dix ans de prison pour avoir dénoncé l’invasion russe de l’Ukraine. Arrêtée en février, puis assignée à résidence, elle avait disparu de son domicile mi-avril. Les autorités russes l’avaient placée sur la liste des personnes recherchées. RSF a annoncé ce lundi à Paris son arrivée saine et sauve, évoquant l’une des opérations les « les plus périlleuses » jamais menées par l’ONG.

Un manifeste virulent contre Moscou

Née à Kharkiv sous l’URSS, Barabach a violemment critiqué l’assaut militaire lancé par Vladimir Poutine en 2022, dénonçant les massacres, les destructions et les exils forcés. « Bande de salauds », écrivait-elle dans une publication relayée par le média indépendant Meduza, s’adressant aux responsables de la guerre. Ce message lui a valu une enquête pour diffusion de « fausses informations » sur l’armée russe, une accusation fréquemment utilisée pour museler les opposants au Kremlin.

Son exfiltration a nécessité un voyage long et risqué, durant lequel RSF a plusieurs fois craint son arrestation. La journaliste a confié avoir fui « par nécessité », expliquant que le journalisme n’existe plus en Russie. Elle a également évoqué avec émotion la douleur de devoir abandonner sa mère de 96 ans pour échapper à la répression. Pour RSF, cette opération est un message clair au régime russe : la voix des opposants à la guerre ne sera pas réduite au silence.

L’organisation avait déjà aidé Marina Ovsiannikova à fuir la Russie en 2022, après son action spectaculaire contre la guerre à la télévision d’État. Avec ce nouvel acte de soutien, RSF rappelle l’urgence de protéger les journalistes russes indépendants, de plus en plus menacés dans un pays où la liberté de la presse est en lambeaux.

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