Au Père-Lachaise, le dernier adieu à Isabelle Mergault
Au Père-Lachaise, le dernier adieu à Isabelle Mergault

Ce lundi, Paris a rendu un dernier hommage à Isabelle Mergault. Les obsèques de la comédienne et réalisatrice se sont tenues au cimetière du Père-Lachaise, lors d’une cérémonie laïque organisée sous la coupole à partir de 10h30, avant une inhumation prévue au cimetière de Montmartre. Le public était invité à se joindre au recueillement, et des fleurs pouvaient également être déposées au funérarium de Ménilmontant. 

Un dernier rendez-vous au cœur de Paris

L’hommage s’est déroulé en deux temps, comme un dernier trajet parisien pour une artiste profondément ancrée dans le paysage culturel français. D’abord le Père-Lachaise, lieu de mémoire et de recueillement, pour une cérémonie ouverte à celles et ceux qui l’avaient aimée sur scène, à l’écran, à la radio ou à la télévision. Puis Montmartre, pour l’inhumation, dans un cadre plus intime. Ce choix d’organisation a dessiné les contours d’un adieu à la fois public et retenu, à l’image d’une artiste populaire, mais jamais tapageuse. 

La famille des “Grosses Têtes” au premier rang

Autour du cercueil, de nombreux proches et compagnons de route avaient fait le déplacement. Laurent Ruquier, Christine Bravo, Steevy Boulay, Jean-Luc Reichmann, Michèle Bernier, Arielle Dombasle, Antoine Duléry ou encore Jérémy Ferrari figuraient parmi les personnalités présentes. D’autres visages familiers, comme Karine Le Marchand, Marc-Olivier Fogiel et Anne Roumanoff, ont également été aperçus au Père-Lachaise. Les filles adoptives d’Isabelle Mergault, Iris et Maya, étaient elles aussi présentes pour ce dernier adieu. 

Ce rassemblement disait beaucoup de la place qu’occupait Isabelle Mergault dans le cœur du métier. Au-delà de la notoriété, c’est une femme de troupe, de fidélité et de complicité qui était saluée. Sa présence durable dans l’univers des Grosses Têtes”, d’abord à l’époque de Philippe Bouvard puis aux côtés de Laurent Ruquier, avait fait d’elle une voix immédiatement reconnaissable et une personnalité centrale de la radio populaire française. 

Une artiste à part, entre gouaille, élégance et liberté

Isabelle Mergault est morte le 20 mars dernier à l’âge de 67 ans, des suites d’un cancer, à Neuilly-sur-Seine. Sa disparition a refermé plus de quatre décennies de carrière, marquées par une singularité rare : une voix inimitable, un humour sans apprêt, et une liberté de ton qui traversait tous les registres, du cinéma à la scène, de l’écriture à la radio. 

Comédienne, scénariste, réalisatrice, chroniqueuse, dramaturge et romancière, Isabelle Mergault aura occupé une place singulière dans la culture populaire française. Révélée au cinéma dès la fin des années 1970, elle avait aussi marqué le grand public avec Profs avant de connaître un triomphe personnel derrière la caméra avec Je vous trouve très beau, récompensé par le César du meilleur premier film en 2007. Cette trajectoire d’artiste complète, capable de passer du rire à la tendresse, explique l’émotion particulièrement forte suscitée par sa disparition. 

Un adieu populaire pour une femme pudique

L’un des traits les plus frappants de cette journée reste sans doute la rencontre entre l’intime et le collectif. D’un côté, une inhumation voulue dans un cadre resserré. De l’autre, une cérémonie ouverte au public, comme pour permettre aux anonymes de saluer eux aussi celle qui les avait accompagnés pendant tant d’années. Cela raconte assez bien Isabelle Mergault : une femme très connue, immensément populaire, mais dont les proches rappelaient aussi la pudeur et la distance face à la lumière. Laurent Ruquier lui-même soulignait après sa mort qu’elle ne mesurait pas pleinement l’attachement du public. 

Au Père-Lachaise, ce lundi, il ne s’agissait donc pas seulement de dire adieu à une actrice. Il s’agissait de refermer une page familière du paysage culturel français, celle d’une femme qui avait fait de sa singularité un style, de sa fragilité une force, et de son humour une signature.

Partager