Eurovision 2026 : l’Irlande menace de boycotter le concours si Israël y participe. (AP/Martin Meissner)
Eurovision 2026 : l’Irlande menace de boycotter le concours si Israël y participe. (AP/Martin Meissner)

Le diffuseur public irlandais RTÉ a annoncé que l’Irlande ne prendrait pas part à l’Eurovision 2026 à Vienne si Israël était maintenu dans la compétition. Pour l’audiovisuel public, la présence d’Israël est jugée « inconcevable » dans le contexte actuel de la guerre à Gaza et des conséquences humanitaires dramatiques du conflit. RTÉ insiste sur le fait que les pertes humaines, les attaques contre des journalistes et la situation des civils rendent impossible une participation sans remettre en cause ses valeurs.

La guerre à Gaza au cœur du débat

Cette prise de position fait suite à un climat tendu depuis l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023 et l’offensive militaire qui a suivi dans la bande de Gaza. Les bombardements et le blocus ont entraîné des milliers de victimes, suscitant des critiques croissantes à l’international. L’Irlande, qui a reconnu l’État de Palestine au printemps 2024 aux côtés de plusieurs autres pays européens, figure parmi les États les plus critiques à l’égard de la politique menée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Une décision conditionnée par l’Union européenne de radio-télévision

La participation ou non d’Israël à l’Eurovision 2026 dépendra de l’Union européenne de radio-télévision, organisatrice du concours. L’EBU doit se prononcer avant la fin de l’année sur la liste des pays admis à concourir. RTÉ a précisé que sa décision finale sera annoncée une fois que cette clarification aura été faite, mais le diffuseur a d’ores et déjà fixé une ligne rouge : si Israël est maintenu, l’Irlande se retirera.

D’autres diffuseurs européens prêts à suivre

L’Irlande n’est pas isolée. En Slovénie, la télévision publique a également annoncé qu’elle boycotterait l’Eurovision si Israël était présent, évoquant la situation humanitaire à Gaza. En Espagne, le ministre de la Culture a laissé entendre qu’un retrait était possible, affirmant qu’il faudra « prendre des mesures » si la candidature israélienne est validée. Plusieurs diffuseurs publics plaident désormais pour un débat ouvert sur la participation d’Israël, accusé de profiter du concours pour redorer son image internationale.

Un concours de plus en plus politisé

L’Eurovision, censé célébrer la musique et l’unité entre nations, se retrouve au cœur des tensions géopolitiques. L’an dernier déjà, la participation de l’artiste israélienne avait provoqué des polémiques, d’autant plus que son succès auprès du public avait été perçu comme un choix politique autant qu’artistique. Le vainqueur autrichien de 2025 avait même publiquement souhaité une édition « sans Israël » avant de s’excuser face à la polémique. L’édition 2026 à Vienne pourrait donc être marquée par une vague de retraits sans précédent, transformant ce rendez-vous populaire en symbole des fractures européennes autour du conflit israélo-palestinien.

Partager