SANTÉ Médecine

Cancer du poumon du pape Léon XIV: comment est-ce possible alors qu’il n’est pas fumeur?

Cancer du poumon du pape Léon XIV: comment est-ce possible alors qu’il n’est pas fumeur?
Cancer du poumon du pape Léon XIV: comment est-ce possible alors qu’il n’est pas fumeur?

Le pape Léon XIV, 71 ans, souffre d’un cancer du poumon alors qu’il n’a pas d’antécédents connus de tabagisme. Le souverain pontife a été opéré mardi à l’hôpital Gemelli de Rome, où les chirurgiens lui ont retiré le lobe inférieur du poumon droit. Une intervention qui a confirmé la présence d’un adénocarcinome pulmonaire, une forme de cancer qui peut également toucher les personnes n’ayant jamais fumé.

Si le tabac reste de très loin le premier facteur de risque, il n’est pas indispensable d’avoir été fumeur pour développer cette maladie. Plusieurs facteurs environnementaux, notamment le tabagisme passif, la pollution atmosphérique et l’exposition à certains gaz, peuvent favoriser l’apparition d’une tumeur pulmonaire. Des causes qui permettent de comprendre comment une personne apparemment en bonne santé peut être touchée.

Entre 10 et 20% des cancers du poumon touchent des non-fumeurs

Le tabac est responsable d’environ 80% des cancers du poumon. Pourtant, entre 10 et 20% des cas concernent des personnes qui n’ont jamais fumé, une proportion qui démontre que l’absence de tabagisme ne garantit pas une protection totale contre cette maladie.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces cancers. Le premier est le tabagisme passif, c’est-à-dire l’inhalation répétée de fumée provenant de cigarettes fumées par d’autres personnes. Même sans consommer personnellement de tabac, une exposition prolongée à cette fumée augmente le risque de développer une tumeur pulmonaire.

La pollution atmosphérique constitue également un facteur de risque reconnu. Les particules fines présentes dans l’air, notamment celles issues de la circulation routière et de certaines activités industrielles, peuvent pénétrer profondément dans les poumons et favoriser, à long terme, l’apparition de cancers.

Les expositions professionnelles à l’amiante, à la silice ou à certains produits chimiques peuvent aussi jouer un rôle. Enfin, des prédispositions génétiques et certaines mutations acquises par les cellules pulmonaires peuvent contribuer au développement de la maladie.

Dans le cas de Léon XIV, aucun élément médical rendu public ne permet actuellement de déterminer ce qui a provoqué son cancer. Il serait donc prématuré d’attribuer sa maladie à l’un de ces facteurs.

Le radon, ce gaz radioactif qui peut provoquer un cancer du poumon

Parmi les facteurs de risque méconnus figure le radon, un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium présent dans les roches et les sols. Invisible et inodore, il peut pénétrer dans les bâtiments par les fissures, les fondations ou les passages de canalisations, puis s’accumuler dans les espaces insuffisamment ventilés.

Une exposition prolongée au radon augmente le risque de cancer du poumon, y compris chez les personnes qui n’ont jamais fumé. L’Organisation mondiale de la santé estime que ce gaz est responsable de 3 à 14% des cancers pulmonaires selon les pays, les concentrations mesurées et les habitudes tabagiques de leur population.

Le radon constitue ainsi l’une des principales causes environnementales de cette maladie. Une exposition éventuelle du pape à ce gaz n’a cependant jamais été établie.

Un adénocarcinome pulmonaire, une forme de cancer qui peut être soignée par chirurgie

Comme cela a été confirmé après l’opération du pape Léon XIV, les médecins ont diagnostiqué un adénocarcinome pulmonaire. Il s’agit de la forme la plus fréquente des cancers bronchopulmonaires non à petites cellules, qui représente la grande majorité des cancers du poumon.

Contrairement aux cancers pulmonaires à petites cellules, généralement plus agressifs, certains adénocarcinomes évoluent plus lentement et peuvent être découverts à un stade où une intervention chirurgicale permet d’espérer une guérison. Cette forme de cancer est également la plus fréquemment rencontrée chez les patients n’ayant jamais fumé.

Dans le cas du souverain pontife, la découverte d’un nodule lors d’examens médicaux a permis d’envisager rapidement une opération. Dimanche 11 octobre, Léon XIV avait lui-même annoncé sa maladie devant les fidèles réunis place Saint-Pierre : «Récemment, lors de quelques examens, les médecins ont détecté un nodule circonscrit au poumon. Il a été détecté à un stade très précoce et est bien localisé.»

Le pape avait ensuite expliqué avoir accepté l’intervention recommandée par ses médecins. Il ne savait pas encore, du moins publiquement, que le diagnostic cancéreux serait confirmé pendant l’opération.

Pourquoi les chirurgiens ont-ils retiré tout un lobe du poumon?

L’intervention du 13 octobre n’a pas consisté à retirer uniquement le nodule. Les chirurgiens ont pratiqué une lobectomie, c’est-à-dire l’ablation complète du lobe inférieur du poumon droit, grâce à une technique vidéoassistée.

Cette opération s’explique par la nécessité de retirer la tumeur avec une marge suffisante de tissu sain. En effet, même lorsqu’un cancer paraît localisé, des cellules cancéreuses microscopiques peuvent être présentes dans les tissus situés autour du nodule, sans être visibles lors des examens d’imagerie.

Le poumon droit comporte trois lobes, contre deux pour le poumon gauche. Retirer un lobe entier permet de réduire le risque de laisser des cellules cancéreuses sur place, tout en préservant les autres parties du poumon.

Après une lobectomie, la capacité respiratoire diminue, mais les lobes restants peuvent assurer une grande partie des échanges respiratoires. Chez un patient dont la fonction pulmonaire était satisfaisante avant l’intervention, une reprise progressive des activités est généralement possible après une période de rééducation et de récupération.

Le pape a-t-il de bonnes chances de guérison?

Lorsqu’un adénocarcinome pulmonaire est diagnostiqué très tôt, avant toute propagation à d’autres organes, les perspectives sont nettement meilleures que celles des cancers découverts à un stade avancé. Jimmy Mohamed évoque des taux de survie à cinq ans pouvant atteindre 80 à 90% pour certaines formes très précoces, localisées et opérables.

Ces statistiques générales ne permettent toutefois pas de déterminer les chances personnelles de guérison du pape. Plusieurs informations médicales essentielles restent inconnues, notamment la taille exacte de la tumeur, son stade définitif et l’éventuelle présence de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques.

L’analyse complète des tissus retirés pendant l’opération doit permettre aux médecins de vérifier si la totalité du cancer a été enlevée. Si aucune extension n’est détectée, la chirurgie pourrait suffire, avec une surveillance médicale régulière pendant plusieurs années.

En revanche, si les analyses révèlent un risque de récidive ou une extension de la maladie, d’autres traitements pourraient être envisagés. Chimiothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées ou radiothérapie peuvent être proposés selon le stade et les caractéristiques biologiques de la tumeur.

Léon XIV a recommencé à marcher après son opération

Les premières nouvelles médicales sont rassurantes sur les suites immédiates de l’intervention. Mercredi 14 octobre, les examens sanguins et la radiographie thoracique du pape ont montré une évolution postopératoire conforme aux attentes des médecins.

Léon XIV a commencé à marcher dans sa chambre, suivi des séances de kinésithérapie respiratoire et repris une alimentation normale. Jeudi 15 octobre au matin, le Vatican a également annoncé qu’il avait passé une bonne nuit et pris son petit-déjeuner.

Le souverain pontife devrait rester hospitalisé environ une semaine et ses audiences publiques sont suspendues jusqu’au 20 octobre. Son rétablissement immédiat constitue un signe favorable après l’opération, mais les résultats définitifs des analyses seront déterminants pour connaître l’étendue de son cancer et savoir si un traitement complémentaire sera nécessaire.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Réagir à l’article

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une