Une opération qui devait lui retirer une jambe malade s’est transformée en catastrophe médicale. Sharon Jacks, une Américaine de 74 ans vivant dans l’Ohio, poursuit le Selby General Hospital après avoir été amputée de la mauvaise jambe. Le 19 septembre 2025, elle devait subir une amputation sous le genou de la jambe droite. C’est pourtant sa jambe gauche qui a été retirée. Quatre mois plus tard, la septuagénaire a dû subir l’intervention initialement prévue sur la jambe droite, la laissant amputée des deux membres inférieurs.
L’affaire, déjà révélée après le dépôt de la plainte de Sharon Jacks, prend une dimension particulière à la lecture des détails de la procédure. La patiente affirme qu’elle n’avait donné son accord que pour l’intervention concernant sa jambe droite et que plusieurs contrôles effectués au bloc opératoire auraient dû empêcher une telle erreur.
La jambe droite était celle qui devait être amputée
Sharon Jacks souffrait d’un carcinome épidermoïde, une forme de cancer de la peau. Dans le cadre de son traitement, les médecins avaient recommandé l’amputation de sa jambe droite sous le genou. La patiente avait accepté cette opération et son consentement concernait précisément ce membre.
La plainte insiste sur ce point : « Elle n’a jamais consenti à l’amputation de son membre inférieur gauche. » Pourtant, lorsqu’elle s’est réveillée après l’intervention, sa jambe gauche avait été amputée tandis que la droite, celle qui devait être opérée, était toujours là.
Son avocat, Brad Layne, affirme également que la jambe devant être amputée avait été identifiée avant l’intervention. L’erreur ne résulterait donc pas d’une ambiguïté sur l’opération prévue mais d’une défaillance dans l’application des procédures de sécurité au bloc opératoire.
Deux vérifications au bloc n’ont pas empêché l’amputation
Le dossier est d’autant plus lourd que l’équipe chirurgicale aurait effectué deux « time-outs » avant et pendant l’intervention. Ces pauses de sécurité servent précisément à vérifier l’identité du patient, la nature de l’opération et le côté du corps sur lequel l’intervention doit être réalisée.
Malgré ces contrôles, la mauvaise jambe a été amputée. « Chaque personne présente dans cette salle d’opération a la responsabilité de s’assurer que cela est vérifié avant de poursuivre », a expliqué Brad Layne. L’avocat souligne que les documents médicaux indiquent que cette vérification aurait été effectuée à deux reprises, sans empêcher l’erreur.
La plainte décrit l’intervention sur le mauvais membre comme une défaillance complète des procédures élémentaires de sécurité. Sharon Jacks et son mari ont engagé des poursuites contre neuf défendeurs, parmi lesquels l’hôpital ainsi que plusieurs membres des équipes médicale et chirurgicale. Ils invoquent notamment une négligence grave, des actes médicaux pratiqués sans consentement et une conduite imprudente.
Quatre mois plus tard, sa jambe droite doit finalement être amputée
L’erreur n’a évidemment pas supprimé le problème médical qui avait conduit à programmer l’opération. La jambe droite de Sharon Jacks nécessitait toujours une amputation. Quatre mois après l’intervention réalisée sur le mauvais membre, elle a donc dû être opérée dans un autre établissement de l’Ohio.
Cette fois, les chirurgiens ont amputé la jambe droite, comme cela devait initialement être fait. À 74 ans, cette ancienne militaire américaine s’est ainsi retrouvée amputée des deux jambes sous le genou alors qu’une seule amputation avait été programmée au départ.
Dans sa plainte, elle fait état de blessures physiques, d’un handicap permanent, de douleurs, d’une détresse émotionnelle, d’humiliation, d’une perte de qualité de vie et de dépenses médicales supplémentaires. Elle réclame des dommages et intérêts compensatoires et punitifs, dont le montant n’a pas été précisé.
L’hôpital reconnaît une erreur « évitable »
Le Selby General Hospital ne conteste pas qu’une défaillance s’est produite pendant l’intervention. L’établissement a reconnu que les procédures normalement appliquées au bloc opératoire n’avaient pas été respectées.
« Notre examen de ce qui s’est passé a confirmé qu’il s’agissait d’un événement évitable et que les procédures attendues dans notre bloc opératoire n’avaient pas été suivies. » Les personnes impliquées ont été tenues responsables et ne sont désormais plus à leurs postes, selon l’établissement.
L’hôpital affirme également avoir pris des mesures correctives dans l’ensemble de son organisation. Une nouvelle formation obligatoire a notamment été imposée aux personnels chirurgicaux afin de renforcer les procédures de sécurité destinées à vérifier le patient, l’opération et le membre concerné avant toute intervention.
Pour Sharon Jacks, ces mesures arrivent trop tard. Une opération qui devait conduire à l’amputation de sa seule jambe droite s’est soldée par la perte de ses deux jambes. La justice de l’Ohio devra désormais déterminer les responsabilités des différents professionnels et de l’établissement poursuivis.

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