Le bras de fer commercial engagé par Donald Trump commence déjà à produire des effets inattendus. En annonçant une nouvelle salve de droits de douane sur de nombreux produits étrangers, le président américain a déclenché une onde de choc sur les marchés, précipitée par la riposte de la Chine. Résultat immédiat : une chute brutale des cours du pétrole, avec un baril de Brent tombé à 65,58 dollars et celui de West Texas Intermediate à 61,99 dollars, soit leur niveau le plus bas depuis 2021.
Un effet boule de neige sur le pétrole brut
Cette baisse s’explique par une combinaison de facteurs : la crainte d’un ralentissement de la demande mondiale face à la montée des tensions économiques, mais aussi une décision inattendue de l’OPEP+ d’augmenter sa production. L’offre abondante et la perspective d’une consommation en berne ont accentué la chute des cours, faisant du secteur pétrolier l’un des rares à tirer un bénéfice immédiat de cette nouvelle guerre commerciale.
Des prix à la pompe en baisse… mais pas tout de suite
Si les marchés pétroliers réagissent vite, il n’en va pas de même pour les stations-service. En France, les prix des carburants n’ont pas encore bougé à la baisse. Selon Carbu.com, ils ont même légèrement augmenté en début de semaine. Cette inertie s’explique par le décalage entre les cours du brut et ceux des produits raffinés livrés sur le territoire. Le délai de répercussion est généralement estimé entre deux et quatre semaines.
Selon Patrice Geoffron, économiste à Paris-Dauphine, cette tendance à la baisse devrait néanmoins se traduire concrètement à la pompe. Il évoque une diminution possible de 2 à 5 centimes par litre dans un premier temps, voire jusqu’à 10 centimes pour l’essence si les cours continuent leur chute.
Une éclaircie fragile pour les automobilistes
Pour les automobilistes français, cette éventuelle baisse est une bouffée d’air bienvenue. Mais les experts restent prudents. Toute escalade géopolitique, notamment autour de la Russie ou du Venezuela, pourrait inverser la tendance. De même, les tensions sur les chaînes logistiques héritées de la guerre en Ukraine continuent de peser.
En attendant, le signal est encourageant : les cours mondiaux plongent, et les distributeurs ne pourront ignorer longtemps cette réalité. Reste à voir si cette baisse s’inscrira dans la durée ou ne sera qu’une parenthèse dans un marché toujours aussi instable.