Après six trimestres de recul, les prix de l’immobilier repartent à la hausse, signe qu’un nouveau cycle pourrait s’amorcer, au grand dam des acheteurs toujours attentifs à l’évolution des taux de crédit. Au premier trimestre 2025, les indices des notaires et de l’Insee enregistrent un rebond de 0,5 % des prix sur un an, mettant fin à la tendance baissière qui prévalait depuis mi-2023. Cette progression reste modeste, mais elle marque un véritable tournant : là où chaque trimestre depuis 2023 apportait de nouvelles baisses de 1 à 2 %, le marché stoppe son mouvement.
Une hausse timide qui masque une situation divergente
Pour autant, la photographique de la hausse diffère selon les territoires. En Île-de-France, la baisse se poursuit, mais à un rythme très ralenti (− 0,3 % sur un an). Entre le dernier trimestre 2024 et le premier trimestre 2025, les prix des appartements ont même crû de 0,9 %, suggérant que la reprise pourrait toucher la région dès cet été. Le cœur de Paris, fragilisé par l’augmentation des taux et la recherche de davantage d’espace, affiche un recul de 7 %, tandis que des secteurs comme le VIIIᵉ arrondissement voient leurs prix grimper de 4 %. Dans le reste de la France, la hausse est déjà confirmée : + 0,7 % sur un an, selon les mêmes références. Les grandes villes de province, davantage sensibles à l’attractivité résidentielle post-pandémie et à l’envolée du télétravail, sont en tête de cette progression, même si l’effet de rattrapage reste modéré.
Taux de crédit et arbitrages des acheteurs
Ces premières augmentations surviennent alors que les taux d’intérêt, après avoir atteint des sommets autour de 3,5–4 % en 2024, n’ont pas suffisamment reculé pour soulager les emprunteurs. Or, si la Banque centrale européenne continue de baisser ses taux directeurs, le coût des crédits pourrait redevenir compétitif, attisant la demande et alimentant la flambée des prix. À l’inverse, une stabilisation des taux à un niveau élevé risque de freiner cet élan. Selon Elodie Frémont, présidente de la Commission Statistiques immobilières des notaires, « un mouvement de hausse devrait se dessiner d’ici juillet, avec une progression attendue de l’ordre de 3,2 % pour les appartements ». Les acquéreurs, dont la capacité d’achat reste sous pression, devront dès lors arbitrer entre calendrier d’achat et renégociation de leur financement.
Vers un nouveau cycle haussier ?
Au vu des premiers signaux – hausse des prix en province, stabilisation régionale, premiers acheteurs revenus sur le marché – la décrue semble bel et bien achevée. Reste à savoir si ce redémarrage sera durable ou ponctuel, en fonction de l’évolution des taux de crédit, du pouvoir d’achat des ménages et du retour des investisseurs. Pour l’heure, le marché de l’immobilier garde un œil attentif sur les prochains chiffres trimestriels : les acheteurs comme les professionnels savent que chaque dixième de point de taux aura un impact immédiat sur leur capacité à conclure une vente.