À l’approche des fêtes, une large part des Français n’a toujours pas bouclé ses emplettes. L’année 2025 confirme une tendance qui s’installe depuis plusieurs saisons : l’achat de dernière minute devient la norme pour une part croissante de la population. Un comportement qui, loin d’être anecdotique, redessine autant les habitudes de consommation que l’activité des commerçants en cette période cruciale. Selon une étude Ankorstore menée auprès de milliers de consommateurs, plus d’un tiers des Français prévoit de réaliser ses achats dans les tout derniers jours précédant Noël. Les raisons avancées sont multiples : hésitation prolongée sur le choix des cadeaux, budget resserré, recherche d’offres promotionnelles ou simple habitude. Si 46 % des consommateurs préfèrent anticiper, une part importante affirme attendre volontairement la dernière semaine, estimant qu’elle offre davantage d’opportunités ou un choix plus éclairé une fois les idées fixées. Certains acheteurs, plus prévoyants, ont profité en amont de promotions estivales ou d’opérations privées, mais ils ne représentent qu’une minorité.
Des comportements contrastés selon les régions et les générations
Les pratiques varient sensiblement d’un territoire à l’autre. Dans plusieurs régions de l’Ouest, les habitants se montrent plus organisés et moins enclins à repousser leurs achats à la dernière minute. À l’inverse, l’Île-de-France et une partie du Nord enregistrent une forte proportion de clients qui attendent les derniers jours pour finaliser leurs dépenses. Cette diversité se retrouve également entre catégories d’âge : les jeunes adultes se montrent nettement plus adeptes des achats tardifs, tandis que les plus de cinquante-cinq ans restent davantage attachés à une préparation en amont. Les écarts se retrouvent aussi entre femmes et hommes, les premières étant globalement plus anticipatrices. Les familles apparaissent plus représentées parmi ceux qui remettent leurs achats à plus tard, un phénomène lié autant à la charge mentale des préparatifs qu’à la gestion des budgets, souvent répartis sur plusieurs postes au cours du mois de décembre. Les Français interrogés évoquent majoritairement un manque d’inspiration comme première cause de report, suivie de difficultés financières affectant le moment où il devient possible de faire les achats. Une fraction des consommateurs assume cependant une préférence délibérée pour le stress du sprint final.
Un souffle bienvenu pour les commerces indépendants
Les commerçants indépendants voient dans cette dynamique une opportunité bienvenue. Cette période représente pour eux un enjeu stratégique, alors qu’une majorité dit avoir subi un contexte économique fragilisé par les incertitudes politiques et la baisse du pouvoir d’achat. Les derniers jours avant Noël concentrent une part considérable de leurs ventes : près de quatre commerçants sur dix estiment que les achats tardifs représentent plus d’un quart de leur chiffre d’affaires de fin d’année, certains parlant même de la moitié. La fréquentation se répartit entre grandes surfaces, centres commerciaux et commerces de proximité. Si les grandes enseignes conservent leur attractivité, les boutiques indépendantes tirent leur épingle du jeu grâce à l’afflux des retardataires. Deux tiers des consommateurs qui attendent la dernière minute se tournent vers des enseignes de quartier, une tendance particulièrement marquée chez les seniors. Ce report vers des commerces plus accessibles géographiquement s’explique par la recherche de rapidité, de disponibilité immédiate et du contact direct avec les vendeurs, souvent perçus comme plus à même d’aider à trouver rapidement une idée de cadeau.