L’économie française a mieux résisté que prévu cet été. Selon les chiffres publiés jeudi 30 octobre par l’Insee, le produit intérieur brut a progressé de 0,5 % au troisième trimestre, dépassant largement la prévision initiale de 0,3 %. Une performance inattendue dans un contexte d’instabilité politique et de tensions commerciales internationales. Cette embellie marque un net rebond après un premier semestre poussif (+0,1 % au premier trimestre). Elle s’explique principalement par la vigueur des exportations, notamment dans le secteur aéronautique, qui a profité d’un rattrapage après plusieurs années de perturbations liées à la crise du Covid. Les entreprises françaises semblent avoir retrouvé leur rythme à l’international, stimulant la croissance au-delà des attentes.
Un signal fort pour la deuxième économie européenne
Avec cette progression, la France pourrait dépasser la prévision annuelle de 0,7 % fixée par le gouvernement pour 2025. L’acquis de croissance atteint déjà 0,8 % à la fin septembre, selon l’Insee. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’est félicité d’« une performance remarquable », soulignant que « malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays ». Le ministre a toutefois rappelé qu’il restait indispensable d’adopter rapidement le budget 2026 pour « préserver la confiance des entreprises et des ménages ». Un défi de taille dans un Parlement fragmenté où le gouvernement peine à réunir une majorité stable. Les débats budgétaires s’annoncent tendus, notamment autour de la question de la taxation des plus riches, exigée par le Parti socialiste en échange de son soutien.
Des perspectives prudentes malgré la reprise
Pour les économistes, cette croissance confirme la résilience du tissu productif français. Maxime Darmet, analyste chez Allianz Trade, estime que « globalement, la croissance est solide », mais met en garde contre un ralentissement possible si les incertitudes politiques s’aggravent ou si la demande mondiale fléchit. Malgré ces risques, la France signe une performance au-dessus de la moyenne européenne et démontre, une fois encore, sa capacité à rebondir dans la tourmente. Reste à savoir si cette dynamique tiendra jusqu’à la fin de l’année, alors que la confiance des investisseurs et la stabilité politique seront plus que jamais déterminantes.