Croissance revue à la hausse au Royaume-Uni, mais le FMI alerte sur des risques budgétaires majeurs
Croissance revue à la hausse au Royaume-Uni, mais le FMI alerte sur des risques budgétaires majeurs

Le Fonds monétaire international (FMI) a légèrement relevé ses prévisions de croissance pour l’économie britannique en 2025, saluant la résilience de l’activité malgré un contexte mondial incertain. Dans le même temps, l’institution met en garde contre les « risques importants » qui pèsent sur la trajectoire budgétaire du pays, exhortant le gouvernement à maintenir strictement ses objectifs de réduction du déficit.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) britannique est désormais estimée à 1,2 % en 2025, contre 1,1 % anticipé en avril, et à 1,4 % en 2026. Cette révision, bien que modeste, reflète la performance robuste du premier trimestre, a indiqué Luc Eyraud, chef de mission du FMI pour le Royaume-Uni, lors d’une conférence de presse à Londres. Le FMI attribue cette amélioration aux anticipations de baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre, à une hausse des prix des actifs, à une consommation soutenue et à l’augmentation des dépenses publiques annoncée dans le budget d’octobre.

La ministre des Finances Rachel Reeves s’est félicitée de cette mise à jour, soulignant que le Royaume-Uni avait enregistré la croissance la plus rapide parmi les pays du G7 au premier trimestre. Toutefois, elle devra composer avec les effets économiques de plusieurs réformes récentes, dont la hausse du salaire minimum et des cotisations patronales, ainsi que l’impact des nouveaux droits de douane américains, qui pourraient amputer de 0,3 % la production annuelle.

Malgré ces perspectives positives, le FMI demeure préoccupé par les fragilités budgétaires du pays. L’objectif gouvernemental de ramener les dépenses courantes au niveau des recettes fiscales d’ici à l’exercice 2029/30 semble de plus en plus difficile à atteindre, notamment en raison de la remontée des taux d’intérêt sur les marchés internationaux. Le rendement des emprunts publics à 30 ans a atteint un sommet inédit depuis 1998, dans un climat de tension alimenté par les politiques commerciales de l’administration Trump.

Dans ce contexte, le FMI insiste sur la nécessité de « garder le cap » sur la réduction du déficit, tout en appelant à une meilleure gestion de la communication budgétaire. L’institution suggère notamment que l’Office for Budget Responsibility (OBR) britannique ne publie plus qu’une fois par an le niveau de « marge de manœuvre budgétaire » du gouvernement, pour éviter les fluctuations excessives liées aux conditions économiques de court terme.

Rachel Reeves doit présenter, le 11 juin, les détails des budgets ministériels pour les trois prochaines années, puis un nouveau budget annuel à l’automne. Le Premier ministre Keir Starmer a déjà annoncé son intention de revenir partiellement sur les réductions des subventions énergétiques pour les retraités, ce qui accentuera encore les contraintes sur les finances publiques. Dans un contexte de croissance encore timide et de pressions sociales persistantes, l’équation budgétaire du Royaume-Uni reste délicate.

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