Les automobilistes peuvent enfin souffler. Depuis plusieurs semaines, le prix des carburants ne cesse de chuter, flirtant désormais avec le seuil symbolique de 1,50 euro le litre. En moyenne, le litre de SP-95 s’affiche actuellement à 1,63 euro, contre 1,53 euro pour le gasoil. Une tendance qui s’accentue, semaine après semaine, et qui se traduit concrètement par près de deux euros d’économies par plein pour certains usagers. Dans les stations, le constat est net. « C’est quasiment 10 à 15 centimes de moins qu’il y a deux mois sur le SP-95 », constate une conductrice bordelaise qui fait régulièrement la navette avec la région parisienne. Un recul rapide, amorcé dès janvier, avec –20 centimes pour le diesel et –14 centimes pour l’essence sur la période.
Une baisse durable ou un simple répit ?
Cette embellie à la pompe repose sur deux facteurs majeurs. D’un côté, la production mondiale de pétrole est en hausse, tirée notamment par l’Arabie saoudite et les États-Unis. De l’autre, les marchés s’inquiètent de la guerre commerciale relancée par Donald Trump, qui pourrait freiner la consommation mondiale en cas de ralentissement économique généralisé. Mais ce mouvement de baisse reste fragile. Un rebond des tensions géopolitiques, un ajustement stratégique de l’OPEP+ ou une reprise économique plus forte que prévu suffiraient à inverser la tendance. Pour l’instant, les projections restent prudentes : la barre des 1,50 euro pourrait être atteinte « dans les jours à venir », mais nul ne peut dire combien de temps ce seuil plancher pourrait être maintenu. En attendant, les automobilistes savourent ce court moment de répit, dans un contexte d’inflation encore pesant sur les autres dépenses du quotidien.