L’ancien ministre socialiste de l’intérieur Bruno Le Roux a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis et 70 000 euros d’amende pour détournement de fonds publics. Il a également écopé d’une peine complémentaire de cinq ans d’inéligibilité et devra verser près de 159 929 euros à l’Assemblée nationale au titre du préjudice matériel.
La justice lui reprochait l’emploi fictif de ses deux filles comme collaboratrices parlementaires entre 2009 et 2017, lorsqu’il était député de Seine-Saint-Denis, ainsi que l’utilisation irrégulière de son indemnité représentative de frais de mandat. L’enquête avait été ouverte en 2017 par le Parquet national financier après des révélations médiatiques.
Des emplois jugés « totalement fictifs »
Dans son jugement, le tribunal a estimé que les emplois des deux filles de Bruno Le Roux étaient « totalement fictifs », relevant une discordance entre les missions déclarées et les prestations réellement effectuées, les rémunérations étant jugées sans contrepartie réelle.
Concernant l’utilisation de son indemnité de frais de mandat, les juges ont également pointé des explications jugées peu convaincantes. À l’issue du prononcé de la décision, Bruno Le Roux a indiqué qu’il comptait faire appel.