Soupçons de traite des femmes : la justice française enquête sur un possible système lié aux Al-Fayed
Soupçons de traite des femmes : la justice française enquête sur un possible système lié aux Al-Fayed

La justice française enquête depuis l’été 2025 sur un vaste système présumé de traite d’êtres humains, de proxénétisme et de viols qui aurait impliqué l’homme d’affaires égyptien Mohamed Al-Fayed et son entourage. Les investigations, ouvertes par le parquet de Paris, s’intéressent à des faits susceptibles de s’être déroulés en France, notamment à Paris et sur la Côte d’Azur.

Mohamed Al-Fayed, décédé en 2023, a longtemps été propriétaire du grand magasin londonien Harrods, du club de football Fulham et du palace parisien Le Ritz. Il n’a jamais été poursuivi de son vivant. Son frère Salah Al-Fayed, décédé en 2010, est également cité dans les témoignages recueillis.

Des témoignages en France et au Royaume-Uni

Selon la police londonienne, 154 femmes ont témoigné à ce stade dans le cadre d’investigations menées au Royaume-Uni sur des faits présumés s’étalant sur plusieurs décennies. Certaines plaignantes ont toutefois décidé de saisir également la justice française, estimant que des éléments du système dénoncé ont pu se déployer en France.

Parmi elles, Kristina Svensson, ancienne assistante de Mohamed Al-Fayed au Ritz entre 1998 et 2000, affirme avoir subi des agressions sexuelles répétées. Elle évoque des examens médicaux imposés, des rencontres dans un cadre professionnel détourné et un climat d’isolement. De son côté, Rachael Louw, ex-employée chez Harrods, dit avoir été envoyée dans les années 1990 sur la Côte d’Azur pour travailler auprès de Salah Al-Fayed et décrit des faits d’agressions sexuelles et de confiscation de passeport.

Les deux femmes ont été entendues par l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH).

Des qualifications pénales lourdes

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour traite d’êtres humains aggravée, proxénétisme et viols. Les investigations visent à déterminer s’il existait un système organisé de recrutement, de transport et d’isolement de jeunes femmes au bénéfice de membres de la famille Al-Fayed ou de tiers.

Les avocates de certaines plaignantes estiment que les témoignages recueillis pourraient révéler un dispositif structuré, évoquant des pratiques comparables à celles mises en lumière dans d’autres affaires internationales de criminalité sexuelle.

Réactions des établissements concernés

Le Ritz s’est dit « profondément attristé » par les témoignages et assure prendre ces allégations « avec le plus grand sérieux », affirmant sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités judiciaires.

Harrods a également salué « le courage » des femmes ayant témoigné et indiqué avoir mis en place un dispositif d’indemnisation pour les victimes présumées, précisant que plusieurs dizaines de demandes avaient déjà été traitées.

Des enquêtes encore en cours

Si certains faits anciens pourraient être prescrits, les enquêteurs cherchent à identifier d’éventuelles infractions non prescrites ainsi que d’éventuels complices ou facilitateurs du système présumé. Les investigations se poursuivent en France, parallèlement aux enquêtes britanniques.

À ce stade, aucune mise en examen n’a été annoncée dans le volet français du dossier. Les autorités invitent toute personne disposant d’éléments utiles à se rapprocher des services d’enquête.

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