Paris - Jean-Charles Naouri et d’anciens dirigeants de Casino face aux juges
Paris - Jean-Charles Naouri et d’anciens dirigeants de Casino face aux juges

Un an et demi après avoir quitté la tête de Casino, Jean-Charles Naouri se retrouve au cœur d’un dossier judiciaire embarrassant. Ce mercredi 1er octobre, l’ancien PDG du groupe stéphanois (2005-2024) comparaît devant la 32ᵉ chambre correctionnelle du tribunal de Paris, aux côtés de trois ex-cadres (Jacques Dumas, Franck-Philippe Georgin et Nicolas Boudot) ainsi que du journaliste et homme d’affaires Nicolas Miguet. Les prévenus sont poursuivis pour corruption privée, manipulation de cours et, concernant Boudot et Miguet, pour délit d’initié. L’affaire remonte à la période 2018-2019, lorsque Casino traverse une zone de turbulence boursière. L’action tombe à 25 euros en septembre 2018, fragilisant un groupe déjà sous pression. Dans ce contexte, une convention de conseil est signée avec la société SCTG de Nicolas Miguet, figure controversée de la presse financière. Montant : 823 000 euros. En contrepartie, le journaliste aurait relayé dans ses publications une rumeur de rachat de Casino par Carrefour, avec pour objectif supposé de redonner de l’air au cours de l’action.

Quand les rumeurs boursières deviennent preuves judiciaires

C’est l’Autorité des marchés financiers qui a déclenché l’alerte, soupçonnant une manipulation organisée. Le parquet national financier a ensuite repris le dossier, estimant que l’opération visait à influencer artificiellement les investisseurs. Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a été entendu comme témoin au cours de l’enquête. Les héritiers de Geoffrey Guichard, fondateur historique de Casino, se sont également constitués partie civile, dénonçant une « humiliation » et un préjudice moral causés par ce qu’ils considèrent comme une trahison de l’esprit de l’entreprise familiale.

Un procès du passé, selon la nouvelle direction

Les avocats de Jean-Charles Naouri contestent vigoureusement les accusations. Ils soutiennent que l’enquête a volontairement minimisé les attaques spéculatives qui pesaient alors sur Casino et que les dirigeants n’ont fait que défendre leur entreprise. Le procès doit durer jusqu’au 22 octobre. Les peines encourues sont lourdes : jusqu’à dix ans de prison et 500 000 euros d’amende. Le groupe Casino lui-même, repris en mars 2024 par Daniel Křetínský, Marc Ladreit de Lacharrière et le fonds Attestor, est poursuivi en tant que personne morale. Mais sa nouvelle direction se tient à distance, qualifiant cette affaire de « procès du passé », sans lien avec la gouvernance actuelle. L’audience, très attendue dans le monde économique, pourrait rouvrir un chapitre sombre de la grande distribution française, où l’ombre des rumeurs boursières continue de hanter le présent.

Que retenir rapidement ?

Un an et demi après avoir quitté la tête de Casino, Jean-Charles Naouri se retrouve au cœur d’un dossier judiciaire embarrassant. Ce mercredi 1er octobre,

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