La coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen a mené une frappe aérienne limitée visant le port de Mukalla, qu’elle accuse d’avoir servi de point de soutien militaire étranger. L’opération intervient quelques jours après un avertissement adressé par la coalition au principal mouvement séparatiste du sud, dans un climat de tensions accrues dans la province orientale de l’Hadramaout.
Selon la coalition, deux navires en provenance du port de Fujairah, aux Émirats arabes unis, seraient entrés dans le port de Mukalla au cours du week-end sans autorisation préalable. Les bâtiments auraient désactivé leurs systèmes de suivi avant de décharger d’importantes quantités d’armes et de véhicules de combat destinés à appuyer le Conseil de transition du Sud, le mouvement séparatiste soutenu par Abou Dhabi.
Un porte-parole de la coalition a affirmé que la frappe visait exclusivement ces capacités militaires présumées et qu’elle n’avait causé ni victimes ni dommages collatéraux. Les médias d’État saoudiens ont relayé cette version, précisant que l’opération avait été conduite de manière ciblée afin d’éviter toute atteinte aux civils ou aux infrastructures non militaires.
Cette action s’inscrit dans un contexte de confrontation croissante entre les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, et le Conseil de transition du Sud, appuyé par les Émirats arabes unis. Une offensive lancée plus tôt ce mois-ci par les séparatistes du sud a rapproché Riyad et Abou Dhabi d’un affrontement indirect, malgré leur alliance passée au sein de la coalition engagée au Yémen.
Le Yémen est plongé dans une guerre civile depuis 2014, un conflit complexe qui oppose le gouvernement reconnu internationalement, les rebelles houthis et diverses forces locales aux intérêts parfois divergents. Les rivalités entre alliés régionaux compliquent davantage les efforts de stabilisation dans un pays déjà ravagé par des années de combats et de crise humanitaire.
La frappe sur le port de Mukalla souligne la fragilité des équilibres actuels et le risque d’une escalade régionale. Alors que chaque camp cherche à consolider ses positions, les perspectives d’un apaisement durable demeurent incertaines dans l’est du Yémen comme dans l’ensemble du pays.