Un tribunal suédois a rendu lundi un verdict très attendu dans l’affaire qui opposait six militants écologistes au Musée national de Stockholm. Les prévenus étaient jugés pour avoir recouvert de peinture la vitre protégeant Le Jardin de l’artiste à Giverny, une œuvre de Claude Monet prêtée par le musée d’Orsay. Leur action, menée en juin 2023 dans le cadre d’une mobilisation sur l’urgence climatique, n’avait finalement causé aucun dommage à la toile, un élément central dans la décision de la cour. L’intervention, qui avait rapidement circulé sur les réseaux sociaux, montrait deux jeunes militantes appliquant de la peinture rouge sur la surface vitrée protégeant le tableau. Le geste se voulait spectaculaire, conçu pour attirer l’attention sur la crise environnementale et les risques pesant, selon elles, sur la santé humaine. L’organisation à l’origine de cette action avait revendiqué une manoeuvre pensée pour rester symbolique : la peinture utilisée était facilement nettoyable et la présence de la vitre garantissait l’intégrité de l’œuvre.
Une action symbolique qui ne relevait pas du vandalisme, selon la justice
Les autorités avaient néanmoins poursuivi les six participants pour vandalisme, considérant que le cadre de l’œuvre avait été légèrement touché et qu’un geste de cette nature, même sans destruction, constituait une atteinte au patrimoine culturel. Lors du procès, les militants ont soutenu qu’ils n’avaient jamais eu l’intention d’abîmer la peinture et qu’ils s’étaient volontairement assurés que l’œuvre ne subirait aucun dommage durable. Le tribunal de Stockholm a retenu cette argumentation. Les juges ont estimé que l’intention n’était pas destructive et que les dommages, limités au cadre et facilement réparables, ne suffisaient pas à qualifier l’acte de vandalisme. Les six prévenus ont donc été acquittés et n’auront pas à verser de dédommagements.
Une action symbolique qui ne relevait pas du vandalisme, selon la justice
Ce jugement intervient alors que les actions coup de poing dans les musées se multiplient en Europe, menées par des collectifs cherchant à alerter sur l’urgence climatique. Certaines institutions avaient renforcé leurs mesures de sécurité depuis 2022, tandis que les débats restaient vifs sur les limites à imposer à ce type de revendications. À Paris, le musée d’Orsay avait indiqué dès le lendemain de l’intervention que le Monet n’avait subi aucune dégradation, la vitre ayant rempli son rôle. Ce constat, désormais conforté par la décision suédoise, souligne la complexité du débat entre préservation d’œuvres majeures et liberté d’expression militante.