Les titulaires de plans d’épargne logement pensaient avoir des années devant eux. Pourtant, une vague de clôtures automatiques va déferler sur les banques entre 2026 et 2030, conséquence directe d’un changement réglementaire passé presque inaperçu. Depuis mars 2011, tous les PEL ouverts sont limités à quinze ans de vie, un délai qui arrive bientôt à échéance pour une grande partie d’entre eux. Selon la Banque de France, près de 3,2 millions de plans vont ainsi atteindre leur terme dans les cinq prochaines années, soit plus d’un tiers du total. En jeu, environ 93 milliards d’euros qui devront être déplacés ou basculés vers d’autres produits.
Les établissements bancaires se préparent donc à prévenir leurs clients concernés, car nombre d’épargnants ignorent totalement que leur PEL va disparaître. Pour beaucoup, ce placement à vocation immobilière était perçu comme un produit de long cours, presque sans limite dans le temps. La réalité est tout autre : une fois les quinze ans atteints, le plan ne peut plus être conservé et devra être clôturé, même si son titulaire n’a entrepris aucune démarche.
Un basculement automatique… parfois peu avantageux
À l’approche de l’échéance, les épargnants auront le choix entre laisser leur plan vivre jusqu’au dernier jour ou transférer eux-mêmes les fonds vers un produit plus rentable. Car une fois la date butoir dépassée, c’est la banque qui prendra la main. Les sommes seront alors logées sur un livret classique, souvent faiblement rémunéré, ce qui pourrait faire fondre le rendement patiemment accumulé. Ce transfert par défaut, prévu par la réglementation, risque de surprendre ceux qui n’auront pas anticipé.
Dans un contexte où les taux réglementés, comme celui du livret A, repartent à la baisse depuis l’été 2025, la vigilance devient indispensable. Les détenteurs de PEL arrivant à échéance devront scruter leurs notifications bancaires et envisager dès maintenant la meilleure destination pour leur épargne, sous peine de voir leur placement perdre une bonne partie de son intérêt.