Épargne réglementée : les taux du Livret A et du LEP reculent à partir de février 2026
Épargne réglementée : les taux du Livret A et du LEP reculent à partir de février 2026

Le rendement du Livret A s’apprête à évoluer à compter du 1er février, dans un contexte de reflux marqué de l’inflation et de détente des taux d’intérêt. Interrogé ce week-end sur l’orientation à venir des placements réglementés, le gouverneur de la Banque de France a livré plusieurs indications qui confirment les anticipations des économistes. Sans annoncer de chiffre définitif, il a laissé entendre que le taux actuel, fixé à 1,7 %, devrait reculer de manière sensible, tout en restant supérieur à la hausse des prix. La recommandation officielle doit être transmise au ministère de l’Économie avant le 15 janvier. Elle portera non seulement sur le Livret A, mais aussi sur le LDDS et le Livret d’épargne populaire (LEP), dont les règles de calcul sont étroitement liées.

Une formule de calcul défavorable au Livret A

Le taux du Livret A est déterminé à partir de deux paramètres principaux : l’inflation hors tabac et les taux interbancaires à court terme. Or, au second semestre 2025, ces deux indicateurs ont nettement reculé. L’inflation moyenne s’est établie autour de 0,8 %, tandis que les taux monétaires ont suivi le mouvement de baisse engagé par la Banque centrale européenne. Dans ce contexte, les projections convergent vers un taux compris entre 1,3 % et 1,4 % au 1er février, ce qui entraînerait mécaniquement une baisse équivalente pour le LDDS. Le gouverneur, François Villeroy de Galhau, a toutefois souligné que le rendement du Livret A resterait nettement supérieur à l’inflation, afin de préserver le pouvoir d’achat de l’épargne réglementée. Cette précision vise à rassurer les 56 millions de détenteurs de ce produit, pilier de l’épargne de précaution en France.

Le LEP, enjeu central pour les ménages modestes

La question du LEP constitue le principal point d’arbitrage. Selon la règle théorique, son taux doit dépasser celui du Livret A d’un demi-point. Appliquée strictement, cette formule conduirait à un rendement compris entre 1,8 % et 1,9 % à partir de février. Toutefois, lors des précédentes révisions, les pouvoirs publics avaient choisi de déroger à cette règle afin de préserver l’attractivité du produit réservé aux ménages modestes. En maintenant un écart d’un point entre le Livret A et le LEP, le taux de ce dernier pourrait être fixé autour de 2,4 %. Cette option reste ouverte et dépendra d’un choix politique autant que technique. Le gouverneur a rappelé l’importance de ce produit pour près de 12 millions de Français, dans un contexte où les revenus modestes restent plus exposés aux hausses de prix résiduelles.

Crédit immobilier et placements : un climat plus favorable

Au-delà de l’épargne réglementée, la Banque de France observe une amélioration nette des conditions de financement. Les taux des crédits immobiliers se situent désormais en moyenne autour de 3,1 % sur vingt ans, un niveau jugé plus favorable qu’en 2024. Les volumes de prêts accordés sur les onze premiers mois de 2025 dépassent de 35 % ceux enregistrés sur la même période un an plus tôt, signe d’un redémarrage progressif du marché. La baisse attendue du Livret A s’inscrit ainsi dans un mouvement plus large de normalisation monétaire. Si elle réduit le rendement de l’épargne sans risque, elle accompagne en contrepartie un accès au crédit plus fluide et moins coûteux. L’arbitrage final, attendu d’ici la mi-janvier, devra donc trouver un équilibre entre protection des épargnants, soutien au financement de l’économie et cohérence avec la trajectoire de l’inflation.

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