La sortie de la Barbie autiste suscite une vive réaction en France. Pour l’association SOS Autisme, le lancement de cette poupée constitue une opération commerciale inappropriée face à la réalité du trouble du spectre de l’autisme. Olivia Cattan, présidente de l’association, s’est dite « extrêmement choquée » ce lundi auprès de franceinfo. « C’est quand même un trouble qui est sérieux. C’est vraiment réduire complètement ce syndrome en quelque chose de marketing », estime-t-elle.
Une poupée conçue pour représenter l’autisme
La poupée, présentée par Mattel comme la première à représenter l’autisme, a été développée pour refléter certaines caractéristiques et besoins des personnes autistes. Elle possède des articulations permettant des mouvements d’autostimulation et un regard légèrement décalé. Elle est également accompagnée d’accessoires adaptés, tels qu’un casque antibruit, un fidget hand spinner et une tablette de communication. L’entreprise affirme vouloir sensibiliser le jeune public à la diversité neurologique et offrir une représentation positive aux enfants autistes.
Des experts ont été consultés
Mattel a conçu cette Barbie en partenariat avec l’Autistic Self Advocacy Network et la designer Rofrane Bambara, dans le but de refléter fidèlement l’expérience de certaines personnes sur le spectre. La marque a déjà lancé des poupées représentant différentes morphologies, handicaps ou conditions médicales, comme la trisomie 21, la cécité ou le diabète de type 1.
Une démarche saluée à l’international
L’ASAN souligne que cette représentation ne cherche pas à normaliser une seule manière d’être autiste, mais à montrer que « il existe de nombreuses façons dont les personnes autistes s’expriment et vivent ». Aux États-Unis, certaines associations et parents ont salué cette démarche, estimant qu’elle pouvait favoriser l’empathie et la compréhension de la diversité neurologique dès le plus jeune âge.
Pour SOS Autisme cependant, la poupée simplifie à l’extrême un trouble complexe, et le risque de banalisation l’emporte sur l’effet éducatif.