Zelenskiy au sommet de l’OTAN : un casse-tête diplomatique pour ne pas froisser Trump
Zelenskiy au sommet de l’OTAN : un casse-tête diplomatique pour ne pas froisser Trump

Alors que le sommet de l’OTAN doit se tenir à La Haye ce mois-ci, une question sensible agite les chancelleries : comment permettre au président ukrainien Volodymyr Zelenskiy d’y participer sans déclencher l’ire de Donald Trump ? Le président américain, dont les critiques contre l’alliance sont bien connues, aurait déjà exprimé des réserves sur la présence de son homologue ukrainien, avec qui il entretient des relations tendues.

À ce jour, l’OTAN n’a pas confirmé officiellement si Zelenskiy serait invité au sommet. Des sources diplomatiques évoquent la possibilité de le convier uniquement à un dîner informel organisé en amont par le roi des Pays-Bas, plutôt qu’à la réunion plénière avec les chefs d’État. Cette prudence reflète la volonté de ne pas contrarier Trump, qui avait menacé de quitter l’OTAN lors d’un sommet en 2018 et qui s’oppose désormais à l’intégration de l’Ukraine dans l’alliance, allant jusqu’à geler temporairement l’aide militaire américaine à Kiev plus tôt cette année.

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, Zelenskiy a participé à tous les sommets de l’OTAN en tant qu’invité d’honneur. Son absence – ou une présence réduite – serait perçue comme un revers politique majeur pour Kiev, en pleine guerre contre Moscou. Les alliés européens, favorables à une démonstration de solidarité envers l’Ukraine, cherchent un compromis pour permettre à Zelenskiy d’être « correctement représenté », comme il l’a lui-même déclaré après une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.

Parallèlement, Trump devrait repartir de La Haye avec une victoire politique. Les membres de l’OTAN prévoient en effet d’accepter une hausse historique de leurs dépenses militaires, portant l’objectif actuel de 2 % du PIB à 3,5 %, auquel s’ajouterait 1,5 % consacré à des domaines connexes comme la cybersécurité et les infrastructures. Ces annonces visent à répondre aux critiques de longue date de Trump sur le « fardeau disproportionné » porté par les États-Unis au sein de l’Alliance.

Malgré cette apparente réconciliation, les tensions restent palpables. Le sommet sera volontairement court, sa déclaration finale modérée, et l’idée d’une nouvelle stratégie vis-à-vis de la Russie a été abandonnée. Un Conseil OTAN-Ukraine, organe officiel de coordination, ne devrait pas non plus être convoqué. Pour Zelenskiy, une invitation à un simple dîner constituerait le strict minimum, mais son absence de la session centrale serait un signal politique lourd de conséquences à l’heure où la guerre en Ukraine reste le principal défi sécuritaire en Europe.

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