Washington nomme son ambassadeur en Turquie envoyé spécial pour la Syrie, en vue d’une levée des sanctions
Washington nomme son ambassadeur en Turquie envoyé spécial pour la Syrie, en vue d’une levée des sanctions

Tom Barrack, actuel ambassadeur des États-Unis en Turquie et proche conseiller de Donald Trump, a annoncé vendredi qu’il allait assumer le rôle d’envoyé spécial américain pour la Syrie. Cette nomination intervient alors que l’administration Trump prépare la levée progressive des sanctions contre Damas, dans le cadre d’un réalignement majeur de sa politique moyen-orientale.

Dans un message publié sur le réseau X, Barrack a déclaré qu’il soutiendrait le secrétaire d’État Marco Rubio dans l’exécution de la « vision du président » concernant la Syrie. Cette décision marque une étape décisive, quelques semaines après l’annonce par Trump de son intention de mettre fin aux mesures de rétorsion économique adoptées contre le régime syrien au cours de la dernière décennie.

Homme d’affaires influent et figure familière des cercles trumpistes, Tom Barrack a notamment présidé le comité d’investiture du président en 2016. Son implication dans ce nouveau dossier stratégique témoigne du rôle croissant confié à des proches du président dans les négociations diplomatiques les plus sensibles.

La nomination de Barrack s’inscrit dans un contexte régional en mutation. Depuis que les rebelles syriens ont renversé le président Bachar al-Assad en décembre dernier, la Turquie, voisine directe de la Syrie, a consolidé sa position de puissance régionale centrale dans les discussions autour de l’avenir du pays. La présence de Barrack à Ankara pourrait dès lors faciliter les passerelles diplomatiques avec Damas.

Le 14 mai, Trump avait rencontré le président par intérim syrien Ahmed al-Sharaa à Riyad, en Arabie saoudite, et l’avait exhorté à entamer un processus de normalisation avec Israël. Cette orientation stratégique pourrait bouleverser les équilibres régionaux, en particulier dans un Proche-Orient encore profondément marqué par plus d’une décennie de guerre civile en Syrie.

La levée des sanctions américaines, selon Barrack, permettrait notamment de renforcer l’action des ONG sur le terrain, de relancer les investissements étrangers et de stabiliser une économie syrienne exsangue. « La cessation des sanctions contre la Syrie préservera l’intégrité de notre objectif principal – la défaite durable de l’État islamique – et donnera au peuple syrien une chance d’un avenir meilleur », a-t-il affirmé.

Mardi, Barrack a également participé à une réunion bilatérale américano-turque à Washington, consacrée aux enjeux syriens, au cours de laquelle ont été discutés à la fois la levée des sanctions et la coopération en matière de lutte antiterroriste. Ces discussions pourraient poser les bases d’un nouveau chapitre pour la Syrie et ses relations avec l’Occident.

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