Trump relance l’ambition pétrolière de l’Alaska avec un doublement de la production et un projet géant de gaz naturel
Trump relance l’ambition pétrolière de l’Alaska avec un doublement de la production et un projet géant de gaz naturel

DEADHORSE, Alaska — L’administration Trump entend relancer massivement l’exploitation pétrolière et gazière en Alaska, avec pour objectif de doubler le flux d’or noir circulant dans l’oléoduc transalaskien et de lancer un gigantesque projet de gaz naturel présenté comme son “jumeau magnifique”. C’est ce qu’a annoncé lundi le secrétaire à l’Énergie Chris Wright, lors d’une visite du champ pétrolier de Prudhoe Bay, près de l’océan Arctique.

Wright était accompagné de deux autres membres du cabinet Trump : le secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum et le directeur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Lee Zeldin. Leur déplacement, centré sur la volonté du président Trump d’intensifier le forage, l’exploitation minière et forestière en Alaska, a immédiatement suscité les critiques des défenseurs de l’environnement.

Au cours de cette tournée, le ministère de l’Intérieur a annoncé vouloir abroger des restrictions héritées de l’ère Biden sur l’exploitation dans certaines zones de la Réserve pétrolière nationale d’Alaska, classées comme sensibles pour leur faune ou leur importance culturelle. Cette réserve s’étend à l’ouest de Prudhoe Bay et de Deadhorse, point de départ de l’oléoduc de 1 300 km, artère vitale de l’économie alaskienne depuis près d’un demi-siècle.

La délégation américaine était rejointe par des représentants de plusieurs pays asiatiques, dont le Japon, la Corée du Sud, Taïwan et les Philippines, invités pour discuter du projet de gaz naturel liquéfié (GNL), qui fournirait à la fois les résidents de l’Alaska et des marchés étrangers. Le Japon, représenté par le vice-ministre Matsuo Takehiko, pourrait être un investisseur clé, alors que les discussions tarifaires entre Washington et l’Asie sont vues comme un levier potentiel pour faire avancer ce projet longtemps bloqué.

Sur le terrain, le message est clair : “Vous avez ici les deux grandes ressources. Doublons la production de pétrole, construisons ce magnifique jumeau, et nous aiderons à alimenter le monde tout en renforçant notre pays,” a déclaré Wright, devant un groupe d’ouvriers et de responsables locaux rassemblés près du pipeline par -10°C.

Malgré des objectifs ambitieux fixés en 2011 pour atteindre un million de barils par jour, le débit de l’oléoduc n’a cessé de baisser. L’an dernier, il se limitait à environ 465 000 barils par jour. Trump entend inverser cette tendance avec un soutien fédéral renouvelé et une politique résolument favorable à l’exploitation des ressources.

À Utqiagvik, communauté arctique favorable au développement pétrolier, des leaders autochtones ont salué la venue des officiels de Trump après s’être dits ignorés par l’administration Biden. Le gouverneur Mike Dunleavy, le sénateur Dan Sullivan et même la sénatrice Lisa Murkowski — critique récurrente de Trump — ont affirmé leur volonté de collaborer avec la Maison-Blanche sur ces projets énergétiques majeurs.

Mais les écologistes dénoncent cette orientation. Erik Grafe, avocat de l’organisation Earthjustice, a exprimé sa “profonde frustration” face à une politique qu’il juge anachronique, dans un État directement touché par les effets du changement climatique. Le ministère de l’Intérieur prévoit néanmoins une période de consultation publique sur l’abrogation des restrictions.

Les trois membres du gouvernement Trump poursuivront leur tournée en participant mardi à la conférence énergétique annuelle du gouverneur Dunleavy à Anchorage.

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