Le gouvernement azerbaïdjanais a exigé ce mercredi des sanctions immédiates contre les responsables de la mort de deux ressortissants azéris décédés en détention policière en Russie. Cette demande marque une nouvelle escalade dans une crise diplomatique naissante entre Bakou et Moscou, sur fond d’accusations d’exécutions extrajudiciaires et de représailles diplomatiques.
Selon les autorités de Bakou, les deux hommes, qui seraient frères, ont été arrêtés lors d’un raid de police en Russie la semaine dernière et seraient morts peu après dans des circonstances jugées hautement suspectes. L’Azerbaïdjan accuse ouvertement les forces de l’ordre russes d’avoir recouru à une violence illégitime, évoquant des meurtres en dehors de tout cadre judiciaire. Pour le gouvernement azéri, ces décès ne sauraient rester impunis.
Moscou, de son côté, a appelé au dialogue tout en rejetant toute accusation d’illégalité dans ses procédures. Le ministère russe des Affaires étrangères, par la voix de sa porte-parole Maria Zakharova, a évoqué la nécessité de « résoudre les différends par les voies diplomatiques » et de « ne pas alimenter l’émotion publique ». Pourtant, la tension reste vive.
Dans ce contexte tendu, Bakou aurait procédé à l’arrestation de plusieurs ressortissants russes sur son territoire, dans ce qui est perçu par certains analystes comme une mesure de rétorsion. Aucun lien direct n’a encore été établi entre ces arrestations et l’affaire des deux frères, mais la simultanéité des événements laisse peu de place au doute.
Ce différend intervient alors que les relations entre l’Azerbaïdjan et la Russie sont déjà mises à l’épreuve par d’autres dossiers sensibles, notamment les équilibres régionaux dans le Caucase et le rôle croissant de la Turquie, alliée stratégique de Bakou. Si Moscou veut conserver son influence dans la région, elle devra composer avec un Azerbaïdjan de plus en plus assertif sur la scène internationale.
Alors que l’affaire suscite une vive émotion au sein de la population azérie et dans les médias locaux, les appels à la justice se multiplient. Reste à savoir si le Kremlin saura ou voudra désamorcer cette crise diplomatique sans précédent avec un partenaire aussi stratégique que l’Azerbaïdjan.