Tensions commerciales entre Washington et Brasilia : Trump menace, Lula temporise
Tensions commerciales entre Washington et Brasilia : Trump menace, Lula temporise

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi qu’il pourrait s’entretenir « à un moment donné » avec son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, alors que la menace d’imposition de droits de douane de 50 % sur les importations en provenance du Brésil plane toujours. Malgré cette perspective, le gouvernement brésilien s’efforce de relativiser l’impact de ces éventuelles mesures protectionnistes sur son économie, tout en affichant une volonté prudente de dialogue.

Donald Trump, en partance pour le Texas, frappé par des inondations, a indiqué n’avoir eu « pour l’instant » aucun échange direct avec Lula, mais n’a pas exclu une discussion à venir. Il en a profité pour critiquer à nouveau les procédures judiciaires ouvertes au Brésil contre l’ancien président Jair Bolsonaro, figure de l’extrême droite brésilienne et proche de Trump. De son côté, Lula a déclaré dans une interview à la chaîne Record TV qu’il privilégiait la voie diplomatique mais qu’il n’hésiterait pas à appliquer une mesure de réciprocité si les tarifs douaniers entraient en vigueur comme prévu le 1er août.

Brasilia a tenté de calmer les inquiétudes, affirmant que les effets de cette décision sur la croissance économique du pays seraient limités. Le ministère brésilien de l’Économie estime que seuls certains segments de l’industrie manufacturière seraient directement touchés, et maintient ses prévisions de croissance à 2,5 % pour l’année 2025. L’énergie, secteur crucial pour les deux pays, resterait pour sa part épargnée.

Un responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a précisé à Reuters que les droits de douane annoncés à l’encontre du Brésil s’inscrivent dans la continuité des mesures annoncées en avril dernier. Selon lui, les produits énergétiques, dont le pétrole et les minéraux critiques, continueront d’être exemptés de ces nouvelles taxes, un détail qui pourrait limiter la portée réelle de cette guerre commerciale latente.

En toile de fond de cette escalade verbale, la Chine a vivement critiqué l’approche américaine en matière de commerce international, dénonçant des mesures « coercitives » et une forme « d’ingérence » dans les affaires économiques des autres nations. Pékin, partenaire majeur à la fois des États-Unis et du Brésil, surveille de près ces tensions qui pourraient avoir des répercussions sur les flux commerciaux mondiaux.

Alors que la date du 1er août approche, les regards restent tournés vers Washington et Brasilia. L’issue de ce bras de fer commercial dépendra en grande partie de la capacité des deux chefs d’État à privilégier la négociation plutôt que la confrontation. Pour l’instant, l’incertitude domine, alimentée par des discours fermes mais encore dépourvus d’actes concrets.

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