NEW YORK — Vladimir Poutine aurait accepté, lors de son sommet avec Donald Trump, que les États-Unis et leurs alliés européens puissent offrir à l’Ukraine une garantie de sécurité comparable à la clause de défense collective de l’OTAN. L’annonce a été faite dimanche par Steve Witkoff, envoyé spécial américain, qui a qualifié cette concession de « tournant majeur ».
Selon Witkoff, c’est la première fois que Moscou accepte une telle idée. Le dispositif envisagé ressemblerait à l’article 5 de l’Alliance atlantique, qui stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Pour l’émissaire américain, cela répond à l’une des principales raisons pour lesquelles Kiev souhaite rejoindre l’OTAN.
Les discussions, tenues vendredi sur une base militaire en Alaska en présence du secrétaire d’État Marco Rubio, demeurent entourées de flou. Witkoff n’a donné que peu de détails sur le fonctionnement concret d’un tel accord. Mais il a ajouté que la Russie s’était également engagée à adopter une loi interdisant toute violation de la souveraineté des autres pays européens, un geste présenté comme un gage de bonne volonté.
À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est félicitée de ce signal. Aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, elle a salué la volonté de Washington de participer à ces garanties « de type article 5 », affirmant que l’Union européenne et la « coalition des volontaires » étaient prêtes à assumer leur part. Zelensky a remercié les États-Unis pour ce soutien, tout en soulignant que les modalités restaient floues : « Nous avons besoin que cela fonctionne en pratique comme l’article 5 de l’OTAN. »
Du côté américain, Witkoff a défendu la décision de Donald Trump d’abandonner son exigence initiale d’un cessez-le-feu immédiat. Selon lui, les progrès réalisés justifient de se concentrer sur un accord de paix global. Rubio, également conseiller à la sécurité nationale, a toutefois rappelé qu’aucune trêve n’était possible en l’absence de l’Ukraine à la table des discussions et a estimé qu’un accord restait lointain.
Les Européens et Zelensky doivent rencontrer Trump lundi à la Maison Blanche pour poursuivre les discussions. Witkoff a précisé qu’un sujet central — la question d’un éventuel échange territorial — n’avait pas été abordé avec Poutine et devrait l’être lors de cette nouvelle étape. « Peut-être n’avons-nous pas encore assez avancé pour un accord de paix, mais pour la première fois, nous sommes sur la voie », a-t-il conclu.