Polémique au Canada : des Sikhs dénoncent l’invitation de Narendra Modi au sommet du G7
Polémique au Canada : des Sikhs dénoncent l’invitation de Narendra Modi au sommet du G7

L’invitation du Premier ministre indien Narendra Modi au sommet du G7 en Alberta a suscité l’indignation de la communauté sikh du Canada, qui accuse New Delhi d’être responsable de menaces graves pesant sur plusieurs de ses membres. Cette venue, la première de Modi au Canada depuis dix ans, intervient dans un climat diplomatique tendu entre Ottawa et New Delhi depuis l’assassinat du militant séparatiste sikh Hardeep Singh Nijjar en juin 2023.

Malgré le fait que l’Inde ne fasse pas partie du G7, le Premier ministre canadien Mark Carney a convié Modi en tant qu’invité, justifiant cette décision par le rôle crucial de l’Inde dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Une explication jugée « insultante » par plusieurs figures de la diaspora sikh, dont l’activiste Moninder Singh, ami de Nijjar, qui a dénoncé un mépris pour la sécurité des membres de sa communauté.

La communauté sikh du Canada – la plus importante hors d’Inde – est sous tension depuis que plusieurs de ses membres ont été avertis par la police que leur vie était en danger. Moninder Singh affirme avoir été contraint de fuir son domicile en 2023 après avoir reçu des alertes précises des autorités canadiennes. Selon lui, l’accueil réservé à Modi démontre que « la vie des Sikhs pèse moins que les intérêts économiques ».

En octobre dernier, sous le gouvernement Trudeau, Ottawa avait expulsé six diplomates indiens, les liant au meurtre de Nijjar et à une vaste opération de répression ciblant les dissidents indiens sur le sol canadien. L’Inde avait réagi en expulsant à son tour six diplomates canadiens, rejetant les accusations comme étant motivées politiquement.

Alors que certains accusent Carney de privilégier la realpolitik au détriment des droits humains, d’autres, comme le politologue Sanjay Ruparelia, estiment que le Premier ministre agit avec pragmatisme. Carney a affirmé que Modi s’était engagé à un « dialogue sur l’application de la loi », tandis que New Delhi a confirmé la poursuite d’une coopération entre agences policières.

Des manifestations sont prévues à Ottawa pour protester contre la présence de Modi au sommet. Pour les militants sikhs, toute reprise du dialogue entre les deux pays aurait dû, selon eux, être conditionnée à une reconnaissance des faits et à une coopération de l’Inde dans les enquêtes en cours.

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