Paris bloque la cession d’antennes d’Eutelsat à un fonds suédois, au nom de la souveraineté
Paris bloque la cession d’antennes d’Eutelsat à un fonds suédois, au nom de la souveraineté

Le gouvernement français a mis son veto à la vente par Eutelsat de ses antennes au sol au fonds d’investissement suédois EQT, a annoncé vendredi 30 janvier le ministre de l’Économie Roland Lescure. Pour l’exécutif, ces équipements ne relèvent pas d’une simple activité commerciale : ils participent à des communications civiles mais aussi militaires, ce qui en fait un actif stratégique.

Selon le ministre, la décision s’inscrit dans une logique de protection directe des intérêts nationaux : « une décision claire pour protéger notre souveraineté ». Il a rappelé qu’Eutelsat est présenté comme le principal concurrent européen de Starlink, renforçant la dimension géopolitique du dossier.

Un actif jugé “critique”, sans mise en cause d’EQT

Le ministère de l’Économie a précisé que ce blocage est lié uniquement au caractère critique de l’activité concernée, et non à la qualité de l’investisseur. Autrement dit, ce n’est pas EQT qui est visé, mais la nature des infrastructures : les antennes au sol sont indispensables à la gestion et à l’exploitation des communications satellitaires.

L’État dispose par ailleurs d’un poids important dans la gouvernance du groupe : il est premier actionnaire d’Eutelsat, avec près de 30 % du capital via l’Agence des participations de l’État (APE), ce qui renforce sa capacité à peser sur les orientations stratégiques.

Eutelsat accélère sa mutation vers l’orbite basse

Depuis sa fusion avec la britannique OneWeb en 2023, Eutelsat a engagé une réorientation vers la connectivité spatiale en orbite basse, un segment en forte croissance qui permet de développer des services de télécommunications rapides et étendus. Le groupe exploite aujourd’hui plus de 600 satellites en orbite basse, tandis que son activité historique (la diffusion télévisée) continue de reculer.

Cette tentative de vente d’infrastructures au sol intervient donc dans un contexte de recomposition stratégique du groupe, au moment où la connectivité spatiale devient un enjeu industriel, économique… et désormais souverain.

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