Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a fermement rejeté toute idée de négociation bilatérale immédiate avec son homologue américain Donald Trump après la mise en place, ce mercredi, de droits de douane punitifs de 50 % sur une série de produits brésiliens. Dans une interview exclusive accordée à Reuters, Lula a déclaré qu’il ne voyait « aucun intérêt » à entamer des discussions sous la menace, affirmant : « Je ne m’humilierai pas pour négocier avec quelqu’un qui prend des mesures unilatérales ».
Ces droits de douane, parmi les plus élevés imposés par les États-Unis à un partenaire du G20, visent des secteurs clés de l’économie brésilienne, notamment l’agroalimentaire, le cuir, le bois et certains produits manufacturés. L’initiative de l’administration Trump a été justifiée par la nécessité de rééquilibrer la balance commerciale et de punir, selon Washington, les pratiques jugées déloyales du Brésil sur les marchés agricoles mondiaux.
Face à cette attaque commerciale, Lula a assuré qu’aucune mesure de représailles immédiate n’était prévue. Toutefois, il a indiqué qu’il avait entamé des discussions avec d’autres dirigeants des BRICS (Chine, Russie, Inde, Afrique du Sud) pour coordonner une éventuelle riposte commune face à ce qu’il considère comme une offensive économique américaine contre les pays émergents.
Le président brésilien a également évoqué la possibilité d’un dialogue avec Donald Trump, mais uniquement dans un cadre multilatéral : « Je ne refuserai jamais de parler à un président américain, mais ce genre de conversation doit avoir lieu dans un environnement de respect mutuel. Peut-être que l’Assemblée générale des Nations Unies sera l’occasion d’échanger. »
Dans un passage particulièrement piquant de l’interview, Lula a évoqué son prédécesseur Jair Bolsonaro, affirmant qu’il pourrait être « de nouveau jugé » pour avoir sollicité directement des tarifs douaniers préférentiels auprès de l’administration Trump durant son mandat, une pratique que Lula juge contraire à l’intérêt national.
Cette nouvelle escalade commerciale intervient dans un contexte où l’administration Trump multiplie les offensives tarifaires contre plusieurs pays alliés ou partenaires, notamment l’Inde et le Brésil, au nom de l’« Amérique d’abord ». Pour Brasilia, ces mesures représentent une menace directe sur ses exportations vers le principal marché mondial, alors que l’économie brésilienne montre déjà des signes de ralentissement.
Le refus de Lula de céder à la pression pourrait galvaniser d’autres pays visés par les politiques protectionnistes de Washington, tout en renforçant son image d’homme d’État résolu à défendre la souveraineté économique du Brésil sur la scène internationale.