L’Organisation des Nations Unies a annoncé jeudi qu’elle ne prendra pas part à l’opération humanitaire prochainement lancée à Gaza par la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), une initiative soutenue par les États-Unis. Selon le porte-parole adjoint de l’ONU, Farhan Haq, cette opération ne respecte pas les principes fondamentaux d’impartialité, de neutralité et d’indépendance qui régissent l’action humanitaire des Nations Unies.
Cette décision intervient alors que la situation humanitaire dans la bande de Gaza est catastrophique. Aucun convoi humanitaire n’a pu entrer dans l’enclave depuis le 2 mars, et près de 500 000 personnes – soit un quart de la population – sont menacées de famine, selon un observateur international de la faim. Israël, qui mène une guerre contre le Hamas depuis octobre 2023, maintient son blocus en attendant la libération de tous les otages détenus par le groupe islamiste.
La Fondation humanitaire pour Gaza, créée avec le soutien de Washington, prévoit de commencer ses activités à la fin du mois. Elle a appelé Israël à autoriser le retour des livraisons d’aide par l’ONU et d’autres pays, le temps que son dispositif soit opérationnel. Elle a également demandé l’extension des « zones de distribution sécurisées » du sud vers le nord de Gaza dans un délai de 30 jours.
Interrogé sur ces demandes, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a indiqué ne pas en avoir connaissance, tout en affirmant que son pays facilitera l’opération. « Nous ne financerons pas ces efforts. Nous les faciliterons. Nous les autoriserons », a-t-il déclaré, précisant qu’Israël ne sera pas impliqué dans le centre d’opérations ni présent sur les sites de distribution.
L’initiative américaine, bien qu’ambitieuse, suscite la méfiance de plusieurs ONG et de l’ONU, en raison de l’implication politique des États-Unis et du contournement des mécanismes humanitaires existants. L’ambassadeur Danon, de son côté, a salué le projet et exprimé sa satisfaction de voir peu d’organisations non gouvernementales impliquées. « L’opération sera gérée par le fonds lui-même, sous la direction des États-Unis », a-t-il précisé.