L’ONU impose une taxe carbone maritime mondiale : un bouleversement majeur
L’ONU impose une taxe carbone maritime mondiale : un bouleversement majeur

C’est un séisme dans le monde feutré du transport maritime. Pour la première fois, l’Organisation maritime internationale (OMI), bras armé de l’ONU pour réguler le secteur, a voté l’instauration d’une taxe carbone mondiale sur les navires. Une mesure historique, censée frapper au portefeuille les plus gros pollueurs des mers, mais qui déclenche déjà les foudres de Washington. En jeu : 10 milliards de dollars par an, une refonte complète des routes commerciales… et un affront assumé à l’inertie climatique. Dès fin 2025, les navires de plus de 5 000 tonnes devront rendre des comptes. Deux seuils d’émissions sont fixés : ceux qui dépassent le plafond le plus strict paieront 100 dollars la tonne de CO₂ rejetée. Les plus mauvais élèves, eux, risqueront jusqu’à 380 dollars par tonne. À moins d’acheter des crédits carbone à des armateurs plus vertueux — une mécanique de compensation censée assouplir le dispositif.

Vers une révolution des routes maritimes ?

Les objectifs sont ambitieux : réduire de 17 % les émissions par unité de carburant d’ici 2028, puis de 21 % en 2030, par rapport à 2008. Mais les répercussions s’annoncent bien plus larges. Les exportateurs craignent une hausse des prix du transport et donc des produits de base. Washington brandit déjà des menaces de rétorsion si ses navires sont sanctionnés, et des puissances comme l’Arabie saoudite, la Russie ou les Émirats arabes unis ont voté contre. L’Europe, la Chine, l’Inde et le Japon ont au contraire soutenu le texte — créant une ligne de fracture inédite au sein du commerce mondial. L’OMI veut y voir un levier de transformation technologique. Les milliards issus des amendes devraient financer la transition vers des carburants propres et soutenir les pays les plus vulnérables. Reste à savoir si les acteurs de l’industrie joueront le jeu ou chercheront à contourner la règle. Car au-delà de la régulation, c’est une bataille d’influence climatique qui s’engage. Et pour une fois, la mer ne s’annonce pas très calme.

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