L’Inde devrait accroître de 10 à 20 % ses importations de pétrole russe en septembre, selon des sources commerciales citées jeudi par Reuters, et ce malgré l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs imposés par les États-Unis. Cette décision confirme la volonté de New Delhi de maintenir ses approvisionnements énergétiques avantageux auprès de Moscou, en dépit des tensions diplomatiques croissantes avec Washington.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, l’Inde est devenue l’un des principaux acheteurs de brut russe, profitant de rabais significatifs offerts par Moscou pour compenser les sanctions occidentales. Les exportateurs russes continuent de proposer des prix attractifs, alors même que la production du pays a été affectée ces dernières semaines par des opérations de maintenance et par des attaques ayant visé ses infrastructures de raffinage.
Les États-Unis ont récemment introduit des mesures tarifaires visant à décourager l’achat de pétrole russe par l’Inde, espérant réduire les revenus énergétiques de Moscou qui alimentent son effort de guerre. Mais New Delhi semble déterminée à poursuivre sa stratégie d’approvisionnement diversifié et à sécuriser des volumes conséquents de brut à bas prix pour alimenter son secteur du raffinage, l’un des plus importants au monde.
Cette orientation met en lumière les divergences entre Washington et New Delhi, alors même que les deux pays affichent un partenariat stratégique renforcé dans d’autres domaines, notamment militaire et technologique. Elle souligne aussi la difficulté pour les États-Unis et leurs alliés d’isoler complètement la Russie sur le plan énergétique, face à des économies émergentes avides de ressources à moindre coût.
En choisissant d’augmenter ses importations en septembre, l’Inde confirme son rôle pivot dans le marché pétrolier mondial et rappelle que, malgré les sanctions occidentales, le brut russe conserve des débouchés essentiels en Asie.