CITÉ DU VATICAN – Le pape Léon XIV a lancé mercredi un appel appuyé à Israël afin de permettre l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, dénonçant une situation devenue « encore plus préoccupante et attristante » dans l’enclave palestinienne. Il s’exprimait lors de sa première audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre depuis son élection le 8 mai dernier.
« Je renouvelle mon appel fervent pour permettre l’entrée d’une aide humanitaire équitable et pour mettre fin aux hostilités, dont le prix dévastateur est payé par les enfants, les personnes âgées et les malades », a déclaré le souverain pontife, ajoutant quelques mots spontanément à la fin de son discours préparé. Ce message s’inscrit dans la continuité de ses premières interventions publiques, où la situation à Gaza a déjà été largement évoquée.
Le nouveau pape, ancien cardinal américain Robert Prévost, élu pour succéder au défunt François, n’a pas mentionné la guerre en Ukraine, malgré les récentes déclarations du président américain Donald Trump suggérant que le Vatican pourrait accueillir des pourparlers de paix. L’intervention du pape s’est concentrée exclusivement sur la crise humanitaire à Gaza.
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, une guerre intense fait rage dans la bande de Gaza, marquée par une offensive israélienne terrestre et aérienne d’envergure. Israël affirme que son blocus, en place depuis onze semaines, vise à empêcher le détournement de l’aide par les militants du Hamas, ce que l’organisation palestinienne dément. Malgré l’annonce par Tel Aviv de l’assouplissement de ce blocus lundi, l’ONU a confirmé que l’aide n’avait toujours pas été distribuée mardi.
Le prédécesseur de Léon XIV, le pape François, avait critiqué de manière répétée la campagne militaire israélienne, évoquant même un possible « génocide » des Palestiniens. Ces déclarations avaient entraîné un net refroidissement des relations entre le Saint-Siège et l’État hébreu, illustré par l’absence de hauts responsables israéliens aux funérailles de François.
Toutefois, la participation du président israélien Isaac Herzog à la messe inaugurale de Léon XIV dimanche, aux côtés de représentants religieux juifs de haut rang, laisse entrevoir un possible dégel diplomatique. Léon XIV, premier pape américain, s’est exprimé lors de l’audience en italien, en anglais et en espagnol, marquant un style multilingue dès ses premiers pas à la tête de l’Église catholique.